Pollution
Humain
Environnement
Economique

En sous-sol d’un bâtiment de 16 000 m² d’une usine de pneumatiques, 3 000 m² de gommes synthétiques (839 t de butadiène/styrène, dont 649 t étendues avec des huiles de pétrole, et 1 170 t de polybutadiène) entrent en combustion. Une épaisse fumée se dégage. A 16h40, l’alerte est donnée par un agent d’une entreprise extérieure effectuant des travaux au rez-de-chaussée. A 16h50, l’alarme thermique déclenche le POI. Une première attaque du feu à 16h55 par les pompiers du site se révèle inopérante. Les secours externes n’interviennent que vers 17h40. Le foyer, difficile à approcher, a déjà pris trop d’ampleur et le sinistre s’étend en quelques heures à l’ensemble du bâtiment. A 18h12, une pulvérisation type arrosage “déluge” du sous-sol est partiellement mise en oeuvre (1/3 de la surface), les autres vannes étant inaccessibles. Des explosions se produisent et 9 pompiers sont blessés notamment lors de tentatives d’activation du reste du réseau de pulvérisation ; 1 400 t de gomme sont en feu, 1 100 t sont protégées par l’arrosage. La pyrolyse des gommes se poursuit durant 44 h avec une abondante fumée nécessitant l’intervention de 500 pompiers par relais. Le 22 janvier, vers 12 h, le feu est déclaré éteint. Les dommages matériels sont très importants. Le bâtiment sinistré est à raser.

L’incendie aurait été initié par une escarbille de métal en fusion lors de travaux par chalumeau au rez-de-chaussée par un intervenant extérieur disposant d’un permis de feu.

Les analyses effectuées pendant l’incendie sur la qualité de l’air et les eaux d’extinctions non retenues et rejetées via le canal de sortie de l’usine ne détectent pas d’élévation spectaculaire des polluants classiquement recherchés (poussières, SO2 / DCO, MES…).

Le 4/02, l’exploitant confirme que 60 t d’un composé de vulcanisation (vulcanox), 900 kg d’hydroxyde de cobalt et 5,8 t de colophane ont également brûlé dans l’incendie. Compte tenu des risques environnementaux et sanitaires potentiels, d’importants travaux d’analyse et d’évaluation d’impact sont menés, supervisés par un collège d’experts réuni dès le 6/07.

Il apparaît qu’une quantité non négligeable de vulcanox se retrouve dans les sédiments dans les ruisseaux le BEDAT et la MORGE, ainsi que des métaux, et HAP. Un suivi environnemental est mené. Le 27/04/2001, le collège d’expert achève d’étudier les résultats des dernières analyses et conclue que l’impact sur l’environnement parait faible.

L’exploitant mettra à jour son étude de dangers avec prise en compte des effets dominos et tierce expertise. Le sinistre souligne l’importance de l’adaptation des moyens de protection incendie (eau, émulseurs), de bassins de rétention correctement dimensionnés, de la bonne connaissance des produits dangereux stockés (nature, quantités). La création d’un collège d’experts peut faciliter l’analyse et la communication lors du suivi post-accidentel.

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