Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une industrie pharmaceutique, au cours du traitement visant à supprimer le diméthylsulfure (DMS – composé odorant), une violente explosion entendue à plusieurs kilomètres brise les équipements (disque de rupture, collecteurs…) d’une capacité contenant un distillat inflammable riche en cyclohexane, ainsi que les vitres d’un atelier de chimie fine de 500 m². Ce traitement n’entrant pas dans le cycle de fabrication de l’antibiotique, l’opération est réalisée dans un réacteur de 8 m³, en oxydant le diméthylsulfure par l’eau oxygénée en milieu acide. Le POI de l’établissement est déclenché. Les pompiers internes maîtrisent un départ de feu en 15 min. Un opérateur grièvement blessé par la chute d’une armoire électrique décèdera quelques heures plus tard, 2 employés sont blessés (brûlures aux chevilles et tympans), 12 autres non directement atteints sont examinés par précaution. L’accident a lieu lors du rinçage de la capacité après ouverture d’une vanne de soufflage reliée par erreur à un réseau d’air comprimé et non d’azote. L’hypothèse avancée est que l’énergie nécessaire à l’allumage a été apportée par l’agitation ou le transfert de 2 liquides non miscibles (cyclohexane et eau en l’occurrence) dont l’un est inflammable et isolant, donc facilement chargeable en électricité statique (expérience de Klinkenberg). Lors des contrôles de réception à la suite de travaux de modification réalisées au cours de l’été pour la mise en oeuvre d’une nouvelle fabrication dans l’atelier existant, le sous-traitant et l’exploitant n’ont pas remarqué le mauvais raccordement des canalisations d’azote sur le réseau air comprimé distant de 10 cm au niveau du piquage de celui ” azote de purge ” de l’usine. L’Inspection des installations classées constate les faits. A la suite de cet accident, l’exploitant décide d’abandonner le traitement de désodorisation, de mieux identifier toutes les canalisations de l’usine en les peignant, de contrôler par oxymètre l’absence d’oxygène et de constituer un groupe de travail pour déterminer les lacunes des procédures de qualification et les améliorer. Deux ans plus tard, l’enquête réalisée à la suite de l’ouverture d’une information judiciaire met en cause 3 entreprises et conduit à la mise en examen de 14 personnes.

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