Pollution
Humain
Environnement
Economique

La digue d’un bassin de stockage de déchets d’une mine de pyrite se rompt sur 50 m à la suite d’un glissement de terrain. 4 millions de tonnes d’eaux acides et 3 millions de tonnes de boues chargées en Zn, Fe, Cu, Pb et As (0,3 g/l) rejoignent le RIO AGRIO puis le GUADIAMAR, qui débordent de 200 à 300 m sur 20 km. Le flot toxique menace le Parc National de Donana, en bordure duquel les secours érigent des levées de terre. En parallèle, les autorités font construire des barrages qui contiennent l’essentiel de la pollution dans le canal d’Entremuros (des débordements inondent toutefois les zones agricoles voisines) ; une partie des polluants rejoint le delta du GUADALQUIVIR, 80 km en aval de la mine, et pollue des plages du Golfe de Cadix. L’effluent s’infiltre dans la nappe phréatique, ressource en eau principale du parc et de la ville de Séville. Les déchets contaminent 7 000 ha de pâturages et de marécages et 3 500 ha de cultures. L’accident entraîne la mort de 30 t de poissons, de dizaines de milliers d’oiseaux (oies, cigognes…), de 220 kg de crustacés, de grenouilles, de chevaux, de chèvres… Plusieurs personnes sont légèrement brûlées par les eaux acides en sauvant du bétail. La chasse, la pêche et la consommation de l’eau (irrigation, pompage d’eau potable…) sont interdites plusieurs semaines.
La décontamination dure 8 mois, 5 Mm³ de boues et 2 Mm³ de terres agricoles décapées sont récupérées et entreposées dans une ancienne mine. 4,5 Mm³ d’eau retenus dans le canal d’Entremuros sont traités par une station d’épuration et rejetés dans le GUADALQUIVIR. Les autorités mettent en place un plan de suivi et de restauration des qualités des eaux et des sols et lancent en 2004 un programme de réimplantation de végétation sur les rives atteintes. Les travaux d’assainissement, les pertes agricoles et le rachat par les autorités des terrains contaminés représentent un coût total de 240 M€. La mine, fermée 12 mois à la suite de l’accident (500 employés au chômage technique) cesse toute activité en septembre 2001.
L’accident a été provoqué par le glissement sur 1 m d’une plaque de marne de 600 m² et 14 m d’épaisseur sur laquelle reposait la digue. Des experts universitaires pointent des erreurs de conception. Un remplissage excessif des bassins est également évoqué. Plusieurs rapports d’expertise avaient déjà révélé en 1996 la fragilité du sous-sol argileux et l’instabilité de la digue. Les accidents d’Aznalcollar, de Baia Mare (ARIA 17265) et de Bucarest (ARIA 17425) conduisent à un renforcement de la législation européenne sur la gestion des déchets miniers.

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