Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans les combles d’un abattoir, une fuite de 2,2 t d’ammoniac (NH3), quantité qui sera remise dans l’unité, a lieu sur une électrovanne du circuit retour BP d’un surgélateur à steaks hachés. Les employés sont évacués 24 h, 40 riverains se confinent dans un périmètre de sécurité de 500 m et 20 pompiers dont une CMIC installent un rideau d’eau. La fuite est stoppée en 2 h en fermant des vannes. Les locaux sont ventilés 30 h. Des odeurs d’NH3 seront perçues jusqu’à 1 km. Un technicien incommodé est hospitalisé, dommages matériels et pertes d’exploitation sont évalués à 3,9 et 0,6 MF.

Une expertise est réalisée. L’unité de réfrigération en service depuis 1 mois utilise 8,5 t d’NH3. L’électrovanne de DN150, fixée par 8 boulons, sans emboîtement, à joint plat et d’un nouveau type (abandon des joints amiante), s’est rompue sous la pression d’NH3. Des mesures dynamométriques révèlent un serrage moindre sur 2 boulons (mauvais serrage initial ou desserrage progressif par “coups de bélier” ou variations de température / pression ?), soit la section de joint arrachée. Des contre-écrous sont préconisés pour bloquer le serrage. Des vannes électriques à sécurité positive en amont / aval de la vanne fuyarde, se fermant sur détection NH3, peuvent être forcées manuellement en position ouverte ou fermée. Si elles avaient fonctionné normalement, seuls les 450 kg d’NH3 du surgélateur auraient fuit. Les experts retiennent donc une fuite alimentée, vanne amont ouverte manuellement et non totalement refermée avant l’accident, limitant ainsi l’effet de la sécurité positive. Cette vanne à n’utiliser qu’à la mise en service des circuits, début mai 97 notamment, aurait été manipulée ultérieurement bien que l’exploitant sans défende. Les trappes d’extraction évacuant l’NH3 à l’extérieur n’ont pas fonctionné à la suite d’une anomalie de branchement électrique. Les essais ultimes n’ont pas été réalisés, les dates retenues par le maître d’oeuvre ne convenant pas au maître d’ouvrage.

L’inspection relève enfin plusieurs infractions : projet de plan interne non validé par les secours externes et dépourvu de consignes écrites pour mettre en oeuvre des moyens d’intervention, d’évacuation des personnes et d’appel des secours externes, alarme sonore générale non asservie aux détecteurs NH3 dont le nombre et les emplacements prévus ne donnent pas un dispositif de détection garantissant la sécurité des personnes, équipements de protection individuels et formation du personnel à la sécurité NH3 insuffisants.

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