Pollution
Humain
Environnement
Economique

A 2h50, dans l’unité de fabrication d’alumine, une fuite d’aluminate de sodium se produit au niveau d’une vanne d’un bac de 3 000 m³ dans une entreprise de métallurgie. Un geyser de 10 m est visible. L’exploitant déclenche le plan de mesures d’urgence. Le bac contient 1 000 m³ de soude et 1 000 m³ d’alumine. Par pompage direct, 1 000 m³ de ce mélange sont récupérés. L’autre moitié s’écoule dans la rétention de la cuve. Une partie est pompée dans le puisard de cette rétention, mais la pompe est insuffisante pour évacuer tout l’effluent et les autres puisards sont obstrués et ne peuvent donc pas jouer leur rôle. Une partie s’écoule en dehors de la rétention sur les voies de circulation du site. Les pompiers ne réussissent pas à fermer la vanne manuelle du fait du geyser de soude. A 9h30, la fuite est colmatée. Le pompage se poursuit le lendemain du fait notamment de la pluie qui a contribué à remplir les rétentions.

L’incident a eu lieu alors que le bac normalement utilisé pour le procédé était en cours de maintenance. L’utilisation d’un autre bac pendant cette phase de maintenance nécessite de modifier l’orientation du coude à l’aspiration de la pompe, et donc du dilatoflex associé (manchon en caoutchouc maintenu entre deux brides en acier situées entre la pompe de soutirage du bac et le coude afin d’absorber les vibrations de la pompe). La fuite a eu lieu au niveau de ce dilatoflex installé en vue de la maintenance. L’analyse de l’accident montre un défaut de lignage du coude avec la pompe entrainant une contrainte sur le dilatoflex. Celui-ci a déjanté au bout de 20 minutes de fonctionnement de la pompe. L’exploitant relève que la fiche de réception du montage n’a pas été remplie à la pose. Le sous-traitant qui intervenait sur le montage n’avait pas accès aux documents et mode opératoire du montage. L’information “torsion du dilatoflex” a néanmoins été mentionnée sur le bon d’astreinte. La réception du montage du dilatoflex a été acceptée par le chef de poste qui n’a pas de compétences techniques pour valider ce point. Il n’existe pas de procédure encadrant le processus de validation du montage du dilatoflex. Par ailleurs l’isolement impossible en amont de la fuite (pas de vanne automatique ou d’accès pour fermer une vanne manuelle) n’a pas permis de limiter la fuite. Une des rétentions prévue pour absorber la vidange du bac s’est avérée insuffisante.

Suite à l’accident, l’exploitant prévoit :

  • d’améliorer les procédures de validation du montage des dilatoflex ;
  • de vérifier ceux montés récemment ;
  • de mettre en place des actions de formation sur le montage de ces dilatoflex ;
  • d’expertiser le matériel défaillant ;
  • de mettre à jour l’étude de risque majeur concernant l’éventualité de rupture d’un compensateur critique ;
  • d’améliorer la rétention afin d’éviter un nouveau débordement en cas de fuite d’un décompresseur.