Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 12h20, au sein d’un centre de traitement de déchets dangereux classé Seveso seuil haut, une réaction exothermique est détectée dans le local de transvasement : le détecteur multi-gaz de la zone se déclenche. Un chimiste ainsi que le responsable du site se rendent sur place et constatent un important dégagement de fumées à partir d’une cuve servant au regroupement de déchets liquides. Ils refroidissent la cuve à l’aide de RIA depuis l’extérieur. La fumée s’épaissit et devient jaune/verte. Les équipes interviennent sous masque ventilé. A 12h17, une déflagration survient, éventrant la cuve.

L’exploitant déclenche le POI et fait évacuer l’ensemble du personnel. Les pompiers sont appelés et prennent le relais de l’intervention à 12h35. Ils effectuent des relevés au moyen de caméra thermique. La température est à 40 °C à l’intérieur de la cuve. La cellule chimique des pompiers effectue des mesures d’air et relève des concentrations de 1.5 ppm en chlore au sein du local de transvasement et de 0.7 ppm dans la zone de rétention sous le local. La réaction chimique est arrêtée : la température baisse ainsi que les valeurs de chlore relevées dans l’air ambiant ; l’émission de fumée cesse. Les secours quittent le site vers 14h30.

Un chimiste, légèrement blessé lors des opérations de première intervention (présence à proximité de la cuve lors de la déflagration), est pris en charge par les secours et subit un examen en centre hospitalier. Il est reconduit sur le site vers 16h30.

Les eaux souillées liées au lavage des fumées (5 m3) ainsi que les produits écoulés sont récupérés dans des rétentions puis pompés vers une cuve pour destruction. Les zones impactées sont nettoyées. Des échantillons des effluents et de la boue présente dans la cuve éventrée sont prélevés pour analyse. L’utilisation des RIA pour refroidir la cuve a permis d’abattre les fumées potentiellement chlorées. Il n’y a pas eu d’impact à l’extérieur du site grâce à l’absence de vent et au temps humide et frais.

Une erreur de manipulation est à l’origine de la réaction exothermique qui a conduit à la déflagration. Un opérateur a versé un container contenant 30 l de chlorite de soude à 25% (comburant) dans une cuve de 1 m³ contenant une substance organique (vernis ou encre). Le chlorite de sodium a réagi violemment au contact de cette substance avec dégagement de vapeurs chlorées (dichlore). Le chlorite de soude n’avait pas été identifié en tant que substance comburante au cours des tests d’identification sur site. Le produit est peu fréquemment reçu pour traitement. L’opérateur sortait de sa période de formation/accompagnement. L’évènement est survenu pendant la pause déjeuner d’une partie du personnel, qui plus est pendant une période où une part des effectifs était en congés (semaine entre noël et le jour de l’an).

L’exploitant envisage la mise en place :

  • d’un système d’évacuation des fumées en cas d’urgence ;
  • d’un système automatique d’abattage des fumées par brumisation.

Il rédige une consigne concernant le transvasement de bases minérales et renforce la consigne de sécurité concernant l’acceptation du chlorite de soude.

Enfin, il renforce le temps de tutorat des nouveaux arrivants avec mise en place de contrôle de l’efficacité de la formation.

Plusieurs accidents liés à des mélanges incompatibles sont déjà survenus sur ce site en 2017 (ARIA 50866, 50867).