Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un dimanche vers 1h20, dans un centre de traitement de déchets dangereux classé Seveso seuil haut, un feu se déclare dans une armoire à l’air libre dédiée au stockage de réactifs. L’alerte est donnée par la société de vidéosurveillance. Cette dernière commande l’ouverture à distance du portail d’entrée pour permettre l’accès des pompiers. L’exploitant se rend sur place. Un périmètre sécurité de 50 m est établi autour de l’armoire à réactifs. L’incendie est dû à la réaction de seaux de phosphure d’aluminium stockés sur des palettes dans l’armoire à réactifs. Les pompiers, équipés d’appareils respiratoires, contrôlent à la caméra thermique les palettes de phosphure stockées à d’autres emplacements (zone de tri et armoire minéraux).

Les secours utilisent 3 t d’absorbant (terre de diatomée) pour étouffer les déchets en feu. L’incendie génère 10 t de déchets (combustion des substances stockées dans l’armoire à réactifs). Ces déchets incendiés sont reconditionnés dans 94 seaux métalliques de 30 l et 57 fûts métalliques de 200 l. 200 l d’huile paraffine sont utilisés pour inerter les résidus encore en cours de réaction.

13 palettes de guirlandes de phosphure d’aluminium inerté conditionnées en seaux (18 l) avaient été reçues le vendredi après-midi. A la réception, un contrôle olfactif avait été réalisé (absence d’odeur) mais les seaux n’avaient pas été ouverts du fait de la dangerosité du produit. Le soir même, un contrôle à la caméra thermique avait été réalisé sur l’ensemble des stockages (répartition : 11 palettes dans l’armoire à réactifs, 1 palette dans l’armoire des minéraux et 1 palette de la zone de tri). Aucune anomalie n’avait été détectée.

Les guirlandes n’avaient pas été complètement inertées. L’absence de conditionnement de celles-ci dans des sacs hermétiques individuels et vidés d’air a conduit à une réaction à l’intérieur des seaux. Le gaz phosphine généré par cette réaction a engendré une montée en pression puis une explosion des seaux. Le gaz à l’air libre s’est enflammé.

Suite à l’accident, l’exploitant demande à ses clients (fournisseurs de déchets) la mise en place d’un conditionnement adapté pour ce type de déchets et/ou leur vérification obligatoire par un chimiste avant livraison sur le site de traitement. Il sensibilise son personnel à la vérification du respect de ces consignes lors de l’acception des déchets.