Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine de production de fertilisants et d’intermédiaires pour la fabrication d’engrais, classée Seveso seuil haut, une émission de vapeur, saturée de gouttelettes d’acide nitrique se produit à la cheminée (60 m) lors du redémarrage d’un atelier de fabrication d’ammonitrates en solution chaude (mélange acide nitrique et ammoniac). Des vapeurs plus denses qu’habituellement sont observées au niveau de l’émissaire et une dérive du ratio acide/ammoniac est constatée en salle de contrôle. A 11h15, l’exploitant déclenche le POI pour confiner le personnel et éviter toute exposition. Les secours du site surveillent la dispersion du nuage. Le personnel d’une raffinerie à proximité est confiné par mesure préventive. Le bon ratio acide/ammoniac est rétabli au bout de 30 minutes permettant de neutraliser à nouveau les vapeurs et de lever le POI à 12h15.

L’exploitant estime l’excédent d’acide nitrique à 10 m³ et précise, grâce aux observations des pompiers, qu’il n’y a pas de conséquences à l’extérieur du site.

A l’origine de l’événement, une détection de niveau bas sur le bac d’alimentation en acide nitrique a provoqué un arrêt de l’atelier. Une fois le niveau rétabli, l’atelier est redémarré. Au cours des phases de démarrage, le ratio acide/ammoniac est ajusté manuellement, la mesure du pH des vapeurs n’est pas opérationnelle. La sécurité instrumentée sur le ratio s’enclenche au bout de 15 minutes. Lors du redémarrage de l’atelier, le ratio acide/ammoniac a été maintenu jusqu’au démarrage de l’évaporateur en sortie du réacteur.

Après contrôle du dévésiculeur, s’avérant sans dommage, l’exploitant explique la dérive du ratio par une erreur opératoire : lors de la régulation des débits, un excès d’acide a été introduit et l’alarme n’a pas été observée par l’opérateur attentif aux autres paramètres de démarrage. La consigne de démarrage prévoit pourtant la surveillance de ce ratio.

Un dévésiculeur est un équipement intégré à un appareil afin d’éliminer des gouttelettes de liquide en suspension dans un flux gazeux.

L’exploitant envisage, pour la phase de démarrage :

  • l’ajout d’une 2ème séquence de sécurité liée à la mesure du ratio ;
  • une sensibilisation sur les consignes ;
  • une étude de faisabilité de la mise en place d’une mesure de pH qui soit également fonctionnelle lors des phases de démarrage.

Et de façon plus globale :

  • la mise en place d’une alarme clignotante sur la dérive du ratio ;
  • l’optimisation du système de gestion des alarmes.

Suite à une visite sur site, l’inspection des installations classées demande à l’exploitant une modélisation du nuage dispersé pour ce type de scénario. Les scénarios consécutifs à un mauvais ratio sont intégrés à l’étude de dangers.