Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 1h15, dans un atelier d’une entreprise de fabrication d’insecticides classée Seveso seuil haut, des opérateurs observent une fuite en bas d’une sphère de 1,2 t contenant 900 kg d’acide chlorhydrique (HCl) liquéfié. Cette sphère est confinée dans un box.  Les opérateurs venaient de terminer une charge d’HCl vers un réacteur de production et fermaient la vanne manuelle en aval de la sphère pour isoler cette dernière entre 2 charges. Les détecteurs HCl présents dans le box déclenchent l’alarme et activent le grand débit sur la colonne d’abattage à l’eau traitant l’atmosphère extraite du box. L’exploitant déclenche son POI. La cellule de crise décide la mise en place de rideaux d’eau préventifs autour du box et au débouché de la colonne d’abattage. Les pompiers se rendent sur place avec 2 cellules mobiles d’intervention chimique et des moyens de secours aux victimes. L’appui de la CASU (cellule d’appui aux situations d’urgence) de l’INERIS est demandé.

La fuite, localisée sur une bride non accessible en partie basse de la sphère, a un débit moyen estimé à 14 kg/h mesuré depuis le système de pesée. La pression de la sphère est de 40 bar. Les mesures de concentration HCl à l’extérieur du box, au droit du rejet de la colonne de lavage et à l’extérieur du site, indiquent une valeur nulle et confirment que la fuite reste confinée dans le box et que la colonne de lavage fonctionne correctement.

Un périmètre de sécurité de 200 m, majoritairement englobé dans le site, est mis en place. Dans ce périmètre; les ateliers sont mis à l’arrêt et les salariés non indispensables à la gestion de crise renvoyés chez eux. Les entreprises voisines sont prévenues. La circulation routière est coupée dans les rues voisines.

La solution retenue pour arrêter le dégagement d’HCl est de vidanger la sphère dans le réacteur de fabrication rempli de 6 m³ d’eau pour créer une solution d’acide chlorhydrique. Des binômes exploitant / pompiers interviennent sous scaphandre dans le box pour ouvrir la vanne manuelle et démarrer le transfert à 13h50. Il se termine vers minuit (débit de 100 kg/heure). Pendant la durée de l’opération, la température dans le réacteur, la température de sa double enveloppe et le débit de gaz sont surveillés pour contrôler l’exothermie liée à la dissolution. Bien que cela aurait permis de réduire le temps de transfert, il est décidé de ne pas asperger d’eau la sphère afin d’éviter la formation d’acide chlorhydrique et l’accélération de la corrosion de la sphère. Les mesures décidées en anticipation d’un aggravement de la fuite sont maintenues pendant l’opération (rideaux d’eau à l’extérieur du box). A 1h35 le lendemain, une fois la sphère vidangée, l’exploitant dégaze la sphère vers la colonne d’abattage puis la déconnecte. Les effluents issus de la colonne d’abattage sont envoyés vers la station de traitement du site.

Le POI, le périmètre de sécurité et les barrages routiers sont levés à 2h15. L’accident n’a fait aucune victime et le gaz chlorhydrique est resté confiné dans l’installation. La solution d’acide chlorhydrique résultante de la vidange de la sphère est détruite dans un centre spécialisé. Aucune teneur en chlorure d’hydrogène n’a été mesurée dans l’environnement durant l’ensemble de l’incident.

Une rapide inspection visuelle de la sphère vide, confirme la localisation de la fuite au niveau du joint entre la bride de fond et le tampon plein. Cette bride permet de laver l’intérieur des sphères et peut être démontée.

Afin d’encadrer la reprise des activités de production, un arrêté de mesures d’urgence est pris, spécifiant notamment l’interdiction d’arroser la sphère avec de l’eau (interdiction basée sur la notice d’utilisation de la sphère publiée par le fournisseur). La production est donc redémarrée sans arrosage à l‘eau.

Une expertise tripartite de la sphère (fournisseur, exploitant et tiers) est réalisée. Le rapport préliminaire émis par l’expert indique une anomalie au niveau de la compression du joint entre la bride et le tampon plein. Des analyses complémentaires sur la composition du joint et le matériau du tampon plein sont menées pour compléter l’analyse.

Un accident de même nature que le cas présent est répertorié sous la référence ARIA 45538.