Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 15h35, dans un bâtiment de 6 000 m² d’un centre de tri/transit de déchets, une explosion suivie d’un flash se produit lors de la manipulation avec un engin télescopique de Petits Appareils Ménagers (aspirateur, grille-pain, micro-onde…) entreposés dans une logette en béton.

L’alarme incendie se déclenche. Le conducteur d’engins déclenche l’alarme d’évacuation et attaque le feu à l’aide des RIA. Le bâtiment est évacué, ainsi qu’un hôtel voisin situé dans le panache de fumées. Les pompiers attaquent le feu, contenu sur une surface de 200 m², depuis le sol ainsi que par le toit, après avoir cassé certaines parties de toiture en fibro-ciment. Les trappes de désenfumage sont ouvertes. Le personnel, équipé d’ARI, utilise des engins pour étaler les déchets et faciliter l’extinction par les pompiers. Ces derniers quittent le site vers 2h du matin.

La toiture en amiante-ciment et la structure du bâtiment sont partiellement endommagées. L’activité DEEE est à l’arrêt. Un arrêté préfectoral de mesures d’urgence est pris pour encadrer la phase post-accidentelle et les conditions de redémarrage. Un arrêté de mise en demeure est également pris suite au constat de plusieurs non-conformités :

  • les conditions d’entreposage des déchets ne respectent pas le plan d’implantation : la hauteur d’entreposage des DEEE dépasse les 2 m autorisés, des balles de déchets plastiques sont entreposées sur des zones devant être laissées libres de tout stockage pour éviter la propagation d’un incendie.
  • la réserve incendie n’était pleine qu’à 1/3 de sa capacité ;
  • l’accès aux RIA était entravé par les déchets ;
  • une partie du bâtiment ne dispose pas de système de détection/extinction incendie.

Selon l’exploitant, l’incendie serait dû à la présence de batteries contenues dans les DEEE. L’inspection relève les risques liés au mode de gestion de ces déchets. Les PAM sont collectés en containers métalliques grillagés dans les déchetteries et acheminés vers le site de tri/transit, où ils sont entreposés en vrac dans les logettes béton. Ils sont ensuite repris par un engin pour être chargés dans des camions munis d’un FMA (bennes à fond amovible de grande capacité) pour envoi vers leur exutoire final. Certains déchets, tels que des radiateurs à bain d’huile ou des engins thermiques possédant un réservoir essence, sont collectés simultanément aux PAM. Or, le maintien de leur intégrité ne peut être garanti pendant les manipulations. Il y a donc un risque d’incendie (avec fumées toxiques) lié la source d’ignition représentée par les batteries des PAM.

Le site était censé fermer sous 18 mois (expiration du bail, environnement peu adapté) et l’exploitant projetait de créer 2 sites distincts : l’un pour l’activité DEEE et l’autre pour les autres déchets (papiers/cartons, bois, plastiques…).

Suite à l’accident, l’exploitant prévoit de :

  • améliorer la formation du personnel à la manipulation des extincteurs et RIA ;
  • réaliser des exercices incendie semestriels en collaboration avec les pompiers.