Pollution
Humain
Environnement
Economique

Zoom sur les difficultés rencontrées :

  • Le stock d’émulseur des pompiers (8 m³) est rapidement épuisé (consommation de 1,5 m³/h)
  • Méconnaissance du réseau d’approvisionnement en eau et des mécanismes de fermentation du bois
  • Présence d’une canalisation de distribution de gaz naturel et d’un stock de produits chimiques
  • Moyenne de 10 pompiers / h
  • Coût de l’intervention (hors perte de production) : 550 000 euros

Vers 20h30, un feu se déclare à l’extrémité d’un tas de bois de 70 000 m³ sur 15 m de hauteur sur la plateforme de stockage extérieure de bois brut et recyclé d’une usine de panneaux de particules. Le volume total de bois recensé est de 118 000 m³ (volume autorisé du parc à bois extérieur : 15 000 m³). Un important panache de fumée blanche se dégage. Les pompiers arrosent le tas avec des lances (eau et mousse). L’opération de moussage est maintenue durant la nuit pour limiter les fumées. L’exploitant retire la matière non brûlée avec une tractopelle. Les secours protègent la zone de production, ainsi que les autres stockages du site.

Le lendemain, l’incendie se propage aux crêtes du stock. Le tas en feu est attaqué directement à l’aide de pelles mécaniques et de lances incendie. Les matières brulées sont étalées dans l’argile sur un champ voisin faute de place sur le site. Les fumées se dirigent vers l’A6. La CASU est sollicitée afin de modéliser la dispersion du panache de fumée (concentration en CO). Les conclusions sont rassurantes mais par mesure de précaution à partir du mardi suivant, 2 aires d’autoroute sont fermées. La vitesse de circulation sur l’A6 et la N77 est réduite du fait de l’opacité des fumées. Du 29 au 31/12, en parallèle de l’arrosage, les secours réalisent une première tranchée de 5 m de large pour séparer le tas de bois en 2 : un tas de 30 000 m³ toujours en feu, et un tas sain de 40 000 m³.

Tranchée de séparation pas assez large et hauteurs des tas compliquent l’intervention

Dans la journée du 03/01/18, les conditions météorologiques compliquent l’intervention avec des vents violents (tempête Eléanor). Les flammes se propagent à d’autres tas de copeaux, notamment à celui de 40 000 m³ isolé, ainsi qu’à certaines installations. La tranchée séparant les tas est élargie. La réserve incendie du site (2 500 m³) et le réseau communal étant épuisés, les pompiers établissent une ligne d’alimentation en eau dans l’YONNE située à 4 km. La consommation d’eau d’extinction est estimée à 500 l/min (30 m³/h) avec des pics à 1 000 l/min (60 m³/h). Le tassement des tas est compliqué du fait de leur hauteur.

Conséquences

L’incendie est éteint le 08/01 vers 14 h. L’activité du site est maintenue jusqu’au 03/01, date à laquelle le personnel est appelé à rester à son domicile. La production reprend dans l’après-midi du 08/01, soit un arrêt technique de 5 jours. Au cours de l’intervention, 5 pompiers et 1 employé sont incommodés par les fumées (intoxication au CO) et soignés sur place. L’incendie détruit 2 pelles mécaniques utilisées dans le cadre de l’intervention. Les eaux d’extinction sont partiellement collectées dans un bassin d’orage, rapidement plein, puis rejoignent le fossé bordant le site. Le ruissellement de ces dernières, ainsi que la surveillance de la température externe des différents tas, sont réalisés à l’aide d’un drone.

Causes

Le site était en cours de réaménagement du fait d’investissements sur de nouvelles installations dont le démarrage s’est trouvé retardé. L’augmentation de la quantité et de la durée de stockage du bois associé à un mauvais tassement de celui-ci aurait provoqué sa fermentation. L’inspection des installations classées avait réalisé une visite sur site avant l’accident (le 21/12) et l’exploitant avait été mis en demeure de régulariser sa situation (stockage tas de bois, dossier pour la chaudière biomasse du site et chaîne de recyclage des panneaux de bois). Suite à l’incendie, des mesures conservatoires sont prises pour réglementer les activités de stockage de bois, la chaudière biomasse, ainsi que les moyens de lutte contre un incendie.

Mesures envisagées

L’exploitant envisage d’agrandir son parc à bois pour respecter un dimensionnement des îlots de hauteur maximale de 6 m et séparés par des allées de 10 m. Un nettoyage et une réfection du bassin incendie sont également prévus.

Des moyens supplémentaires vont être installés pour améliorer la protection incendie : lances, colonnes sèches, motopompes, bassin incendie. Ces dispositifs sont renforcés par des mesures organisationnelles visant à :

  • limiter la durée de stockage du bois sur le parc ;
  • surveiller et enregistrer régulièrement les températures des tas de bois.

Enfin, les mises à jour du POI et du dossier de demande d’autorisation d’exploiter intègrent le retour d’expériences de cet événement ainsi que des accidents passés.