Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 14 h, un feu se déclare dans un hangar de 6 000 m² d’un centre de tri et transit de déchets dangereux et non dangereux. Les matières présentes comprennent des déchets non dangereux ainsi que des véhicules et 11 t de solvants, peintures et filtres à gazole. L’incendie se propage à l’ensemble du bâtiment. La chute de pans de bardage perturbe l’action des pompiers. Pour accéder au feu, ces éléments sont déplacés avec un engin du site. La présence de panneaux photovoltaïques sur la moitié de la toiture pose un risque électrique durant l’extinction. Malgré l’intervention d’un professionnel pour isoler les panneaux, ceux-ci restent sous tension en présence de rayonnement solaire. Les pompiers doivent éviter tout contact entre les jets d’eau et les panneaux : cela empêche une attaque adaptée sur le côté sud du bâtiment. Outre le risque électrique, la présence de panneaux photovoltaïques pose un problème environnemental. En effet, leur destruction par le feu peut entraîner un dégagement de fluorure d’hydrogène et de particules de silicium.

D’importantes fumées se dégagent. La crèche, la maison de retraite et le centre de loisirs sont invités à rester confinés. Les analyses de l’air réalisées dans le bâtiment et hors du site ne révèlent pas de toxicité importante. Une personne asthmatique et diabétique, victime d’un malaise, est transportée à l’hôpital.

Les eaux d’extinction sont collectées dans le bac de rétention mais son volume est insuffisant. Une partie des eaux déborde dans le milieu naturel. Les captages d’eau potable ne sont pas impactés. Une société spécialisée pompe les eaux confinées dans le bac.

Le bâtiment détruit abritait l’ensemble des activités de l’exploitant, avec 50 employés. Un arrêté préfectoral de mesures d’urgence impose la suspension des activités et le refus à l’arrivée de nouveaux déchets. Il soumet la reprise des activités à une remise en état du site et une mise à jour de l’étude des dangers du site.

L’inspection des installations classées constate que :

  • la présence de panneaux photovoltaïques ne faisait pas l’objet d’une signalisation appropriée ;
  • la présence de panneaux photovoltaïques est difficilement compatible avec des activités ICPE à fort risque d’apparition d’incendie (avec potentiel calorifique important) tel qu’un centre de tri et de stockage de déchets de grande superficie.

Le site a déjà connu 2 incendies importants : l’un en juillet 2013 (ARIA 44131) ayant nécessité 7 jours d’intervention et l’autre en juillet 2016 (ARIA 48200) ayant nécessité 5 jours d’intervention. En juillet 2016 déjà, les pompiers avaient été confrontés à des difficultés liées aux panneaux photovoltaïques. Suite à cet accident, une pollution superficielle des sols par des résidus à base de silicium avait été constatée.