Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 18 h, dans une installation de stockage de déchets dangereux, un feu se déclare sur une alvéole contenant des terres polluées au soufre. L’exploitant procède à l’extinction à l’aide de matériaux inertes et noie la zone. Des consignes sont laissées aux agents terminant leur poste à 21 h afin qu’ils assurent une surveillance particulière depuis le réseau de caméras d’exploitation.

Vers 19h45, les agents visualisent des dégagements de fumées sur la zone, 350 m² de terres polluées sont concernées. Les essais d’extinction par étouffement menés par l’exploitant étant infructueux, les pompiers sont appelés. L’intervention des secours, assistés par une cellule d’expertise sur les feux d’origine chimique, se termine vers 22h15. Une surveillance est mise en place. Trois pompiers ont les yeux irrités par les poussières. Les eaux d’extinction sont traitées avec les lixiviats.

Le soufre contenu dans les terres polluées (10 % en moyenne, avec une teneur pouvant varier de 4,8 à 23 %) s’est enflammé. Les conditions météo, sèches et très venteuses, ont favorisé le phénomène en entraînant un séchage des terres polluées stockées dans l’alvéole. L’inflammation pourrait avoir été initiée par les frottements mécaniques dus au passage d’une pelle à chenilles, utilisée pour aplanir la zone, peu de temps avant le départ de feu. L’opérateur avait quitté la zone immédiatement après ces manipulations sans rien remarqué d’anormal.

Avant réception, les terres polluées avaient fait l’objet de tests par un organisme indépendant qui avaient établi qu’il ne s’agissait pas de “déchets solides inflammables”. Les essais devront être refaits dans les conditions les plus défavorables : teneur en soufre maximale du déchet et taux d’humidité minimal susceptible d’être atteint lors d’un stockage en alvéole.

Suite à l’accident, l’ensemble de la zone est à nouveau arrosé avant d’être recouverte pour que le déchet soufré retrouve un taux d’humidité plus élevé et qu’il ne soit plus en surface de l’alvéole. L’exploitant prend plusieurs mesures :

  • limitation des zones de circulation des engins (engins à chenilles notamment) et vigilance sur le fait de ne pas déposer de déchets sensibles au niveau des zones de roulement ;
  • maintien à tout moment de l’humidité des déchets de type terres polluées par un arrosage systématique avec l’arroseuse du site ;
  • limitation de l’étendue des zones dédiées au stockage des terres polluées en privilégiant de travailler sur plusieurs couches.