Pollution
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Érosion du déversoir principal

À la suite de fortes précipitations, le déversoir de l’évacuateur de crue (EVC) principal d’un barrage est endommagé. Ce barrage de 230 m de haut est le plus grand ouvrage en remblai des Etats-Unis. La capacité de sa retenue est de 4,4 .10e9 m3. Il est pourvu d’un EVC principal situé sur l’accotement au nord-ouest du barrage. Il contrôle la cote du réservoir en libérant de grandes quantités d’eau sur un déversoir de 930 m de long (canal bétonné ouvert). L’ouvrage est également doté d’un EVC d’urgence constitué d’un déversoir en béton de 530 m de large situé à côté de l’EVC principal sur l’accotement. L’écoulement libre au-dessus de l’EVC d’urgence débute à une cote inférieure de 6 m à celle de surverse de la structure principale du barrage.

Le 7 février 2017, l’exploitant du barrage constate que l’écoulement, alors à 1540 m3/s, sur le déversoir en béton de l’EVC principal ne s’effectue pas normalement. Les 8 vannes de l’EVC sont refermées. Un cratère est découvert à mi-hauteur du déversoir : le revêtement de béton est érodé et l’eau s’écoule hors du déversoir.

Dans les 2 jours qui suivent, des essais de remise en service, à petit débit, sont réalisés. La taille du cratère dans le déversoir passe de 76 à 91 m de long. Un ravin d’érosion se forme sur sa droite, lié aux écoulements à l’extérieur. Le 9 février, face à la montée du niveau de la retenue, l’exploitant ouvre les vannes de l’EVC principal jusqu’à 2000 m3/s. Malgré l’endommagement du déversoir, il souhaite éviter l’utilisation du déversoir d’urgence. Le 10 février 2017, l’exploitant prend sur l’accotement les mesures nécessaires à la sollicitation de l’EVC d’urgence : les lignes de transport d’énergie sont déplacées et les arbres à flanc de coteau sont défrichés. Le 11 février, le niveau du lac atteint la cote de surverse du déversoir d’urgence, pour la première fois depuis la mise en service du barrage en 1968.

Peu après 8 h, le déversoir d’urgence se trouve en charge, à un débit non-controlé de 360 m3/s. Rapidement, il est constaté que l’érosion à sa base, qui était attendue, progresse beaucoup plus vite que prévu. La dégradation en pied du déversoir d’urgence fait craindre son effondrement.

Le 12 février l’ordre d’évacuation de la région d’Oroville est donné par le shérif du comté. 188 000 personnes vivant dans le bassin de la rivière FEATHER sont évacuées. Une écloserie de poissons est relocalisée. Pour atténuer la pression sur l’EVC d’urgence et éviter son effondrement, l’exploitant augmente le débit rejeté par l’EVC principal jusqu’à 2800 m3/s. À 21 h, le niveau de la retenue passe sous le seuil de l’EVC d’urgence. La zone à l’aval est immédiatement inspectée. Les dégâts sont jugés considérables. Le 13 février, des hélicoptères déposent des sacs de sable ainsi que de gros rocher à pied du déversoir de l’EVC d’urgence afin de protéger la base de l’érosion. La libération d’eau par l’EVC principal permet d’abaisser le niveau de la retenue mais érode considérablement son flanc adjacent. 110 000 m 3 de débris obstruent le canal de la rivière FEATHER en aval du barrage, empêchant la libération d’eau par la centrale hydroélectrique. Celle-ci est arrêtée, ce qui diminue la capacité d’évacuation d’eau. Le 14 février, à 14h45, l’abaissement de la cote de la retenue permet de lever l’ordre d’évacuation.

Le 27 février, l’EVC principal est temporairement fermé, permettant le début des opérations de retrait des débris dans la rivière, en vue du redémarrage de la centrale. Les dégâts sur le déversoir sont considérables : il a été totalement emporté sur environ 200m. La zone d’érosion résultant de l’écoulement libre des eaux, très lourdement marquée, s’étend sur quelques centaines de m².

Selon la presse, les consignes d’exploitation du barrage n’étaient pas à jour. L’absence de prise en compte, dans les cartes de décharge, des changements concernant les données climatologiques et les projections de ruissellement suite aux inondations de 1986 et 1997 pourrait avoir contribué à l’accident.