Pollution
Humain
Environnement
Economique

Sur un site de formulation de détergents industriels classé Seveso, une émission de vapeurs acides se produit vers 15h50 depuis une cuve de mélange de 10 m³ suite à un emballement exothermique de la réaction d’un mélange froid de 5 500 l de réactifs  (60 % d’eau, eau oxygénée, acides sulfonique et sulfurique). L’exploitant déclenche son POI et confine le personnel. Un employé, incommodé par des gouttelettes acides passées par la gaine de ventilation, est transporté à l’hôpital d’où il ressort dans la soirée. L’effervescence de la réaction projete une partie du mélange sur le sol, dans un puisard de l’atelier au pied de la rétention ou sur les gaines de ventilation du local. Le local est nettoyé. Le produit émis est pompé, puis éliminé en filière agrée. Les dommages matériels sont légers. La cuve est intacte, seul des trappes plastique d’introduction des réactifs sont déplacées par la surpression. L’exploitant envoie un communiqué de presse

L’enquête confirme une exothermie > 50 °C et la production de mousse effervescente de courte durée (< 2 min). La moitié du contenu du mélange a été éjectée. c'est la première fois que cette formulation se faisait dans cette cuve à grande échelle, le mélange (n'ayant pas de caractère exothermique) ayant déjà été fabriqué depuis 1 an à petite échelle (1 500 l) car la demande de produit était encore faible. La fabrication du mélange avait été terminée à 11h30 et le lot déclaré conforme à 14h30 avant que l'accident ne survienne.

Une analyse du contenu restant dans la cuve montre une teneur acide plus élevée que prévue, l’absence d’eau oxygénée et une teneur anormale en fer. Ceci confirme la survenue d’une décomposition exothermique de l’eau oxygénée en eau et oxygène suite à une modification des conditions opératoires de fabrication, à l’origine de la hausse de l’acidité. La présence de fer est à l’origine de la modification des conditions opératoires. Ce fer provient d’une dégradation de l’arbre en acier de l’agitateur (gangue protectrice de polypropylène endommagée : fissures de 50 cm). La présence d’acide parmi les réactifs a accéléré la corrosion de l’arbre et lixivié pendant plusieurs heures des éléments ferreux dans la cuve car le produit est resté dans la cuve en attendant son conditionnement. Le fer dissout a ensuite agi comme catalyseur de la décomposition de l’eau oxygénée.

La cuve a été réparée 2 semaines avant l’accident et utilisée pour 4 fabrications. L’exploitant contrôle les agitateurs de ses autres cuves de mélange, ainsi que l’étanchéité de chaque organe du procédé de l’atelier. Il change le réseau de ventilation “acide” et met en place une procédure de contrôle visuel des arbres d’agitation des cuves et une inspection interne annuelle de ces dernières.