Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine chimique classée SEVESO seuil haut, une fuite de chlore est détectée vers 1h30 au niveau de la garde hydraulique du ventilateur d’aspiration des évents chlorés du secteur. Cette fuite est consécutive à la remise en service d’un évaporateur de chlore liquide. Les opérateurs arrêtent l’alimentation de l’évaporateur à 1h38 et mettent l’installation en sécurité.

Les détecteurs de chlore en limite de site mesurent 10 ppm de chlore pendant 5 minutes puis 2 ppm pendant 4 minutes.

Quatre employés sont incommodés par les émanations. Un riverain habitant à 150 m au sud du site perçoit des odeurs de chlore.

Le POI est déclenché. L’atelier chlore est mis en sécurité et un périmètre de sécurité est établi autour de l’évaporateur. Le personnel est confiné. L’exploitant installe des rideaux d’eau afin d’abattre le chlore gazeux. Les eaux sont ensuite récupérées et neutralisées. La situation est maîtrisée vers 3 h. Le personnel confiné est autorisé à sortir à 7h40. L’exploitant diffuse un communiqué de presse.

Les quantités de chlore gazeux libérées sont estimées à moins de 100 kg.

Causes :

La veille de l’incident, une intervention a eu lieu sur une section de l’évaporateur, nécessitant la mise en position ouverte d’une vanne manuelle de dégazage vers le ventilateur d’aspiration des évents chlorés.

Suite à cette intervention, cette vanne est restée ouverte, provoquant au redémarrage de l’évaporateur le passage de chlore liquide dans le pot piège situé en aval, puis dans le circuit d’aspiration du ventilateur.

La mauvaise position de la vanne n’a pas été détectée lors du contrôle d’étanchéité de remise en service de l’évaporateur car cette vanne n’est pas couverte par le test.

Par ailleurs, dans le pot piège, les asservissements de sécurité sur température basse, réglés à -30°C, (la température d’ébullition du chlore est de -34°C à pression atmosphérique), n’ont déclenché qu’à 1h45, la température minimale au début de l’incident ayant été de -28°C.

Actions correctives immédiates :

– relèvement du seuil d’asservissement des sécurités à -20°C avec une pré-alarme à -15°C dans le pot piège. Cette modification a été systématisée pour tous les pots pièges du secteur

– révision du mode opératoire de remise en service de l’évaporateur

Actions correctives moyen terme :

– révision de l’analyse de risque axée sur l’arrivée de chlore liquide dans le réseau effluents chlore gaz
– mise en oeuvre d’une stratégie plus fiable de détection liquide dans les pots pièges
– renforcement des procédures de consignation / déconsignation, de contrôle des lignages