Pollution
Humain
Environnement
Economique

Peu avant 18 h, un feu se déclare dans la zone de stockage des produits réactifs à l’eau d’une entreprise spécialisée dans la gestion de déchets spéciaux (classée Seveso seuil haut). L’incendie concerne 2 fûts de de 200 l de méthacrylate de sodium, 3 fûts de 200 l de chlorure de thionyle et 10 bidons de 20 l de peroxyde organique. Une fumée noire épaisse se dégage pendant 15 minutes. En attendant l’arrivée des secours, les équipes de première intervention mettent en route le canon fixe pour rabattre les fumées et déploient le canon mobile pour attaquer le feu. Les pompiers sécurisent la zone. Ils maîtrisent le sinistre à l’aide de 3 lances, dont une à mousse, après 30 minutes d’intervention. Les mesures réalisées révèlent qu’il n’y a pas eu de pollution atmosphérique.

L’un des 2 fûts de méthacrylate de sodium est éventré dans l’incendie. Le second non éventré est gonflé et menace d’exploser. Le personnel de l’établissement, sous ARI, plonge ce fût dans le bassin des eaux d’extinction pour le refroidir. Le fût est éventré sous l’eau à l’aide d’une pelle mécanique dans le but de provoquer une hydrolyse au lieu d’une réaction exothermique. Le produit s’hydrolyse en libérant de la soude. Le contenu de la rétention est pompé.

L’analyse de la vidéosurveillance montre que des fumées ont commencé à se dégager dès 16h40, puis les premières flammes vers 17h50. L’absence de détection de fumée dans le secteur a donc retardé la réaction de l’exploitant. Suite à l’accident, un tel dispositif est installé.

Selon l’exploitant, l’incendie a commencé au niveau des peroxydes organiques. Le départ de feu serait dû à une auto-inflammation faisant suite à une réaction lente des produits. Cette réaction a probablement été déclenchée par la manipulation de la palette la veille de l’événement. Elle a provoqué le mélange de produits à l’intérieur du fût, qui avaient évolué chimiquement suite aux chaleurs du mois de septembre. L’exploitant identifie que la zone de stockage était inadaptée et que les conditions d’acceptations étaient insuffisamment sévères pour des produits aussi sensibles.

Suite à l’accident, il :

  • met à jour son étude de dangers ;
  • créé un cahier des charges spécifique pour l’acceptation des produits sensibles (conditions sur les conditions de transport, de stockage, sur l’emballage d’origine, l’exutoire prévu…) ;
  • communique sur le sujet auprès de l’ensemble des salariés ;
  • redéfinit la zone de stockage des peroxydes. S’il n’est pas possible de garantir le maintien de ce local au frais (< 30 °C), seuls les produits stables jusqu'à 40 °C sont acceptés pendant la période avril-octobre.

L’établissement a déjà connu 2 départs de feu en 2016 :

  • en juillet : départ de feu sur un camion suite à un court-circuit lors du lavage de ce véhicule. Celui-ci a eu lieu à proximité immédiate des cuves contenant des solvants, dont certains à bas point éclair. L’exploitant envisageait de renforcer les moyens de détection incendie au niveau de ces cuves, voire de mettre en place un système automatisé de refroidissement en cas d’incident ;
  • en août : départ de feu dans le hall de réception suite à une réaction lente sur des déchets en provenance de déchetteries. Cet incendie avait conduit l’exploitant à modifier son système d’extinction automatique (ARIA 48925).