Pollution
Humain
Environnement
Economique

Suite à la perte de confinement d’une chaudière le 18/03/16 (ARIA 47992), les 3 chaudières restantes d’une usine sidérurgique particulièrement sollicitées connaissent plusieurs percements de tubes les mois suivants et notamment au cours du mois de juillet. Ces percements entraînent des arrêts de chaudières en alternance. Plusieurs arrêts simultanés des chaudières au mois de juillet nécessitent l’arrêt des haut-fourneaux à plusieurs reprises et leur redémarrage. Le 20/07, lors du redémarrage d’un haut-fourneau, un rejet de gaz se produit aux bleeders durant 11 h pour un standard de l’ordre de 30 min. Le volume rejeté est estimé à 700 000 Nm³. Le 23/07, le redémarrage du deuxième haut-fourneau entraîne un rejet de 1 250 000 Nm³ de gaz. Le bilan économique des incidents est estimé à une perte de production de 2 semaines soit 160 000 t de produits perdus.

Une analyse métallographique des tubes et manchettes des chaudières réalisée met en évidence :

  • de gros dépôts du côté interne souvent liés à un amincissement de la paroi ;
  • des microfissures intergranulaires près des fuites ou dans des zones d’amincissement. La morphologie de ces microfissures ainsi que leurs situations dans une zone amincie est typique d’une indication de fragilisation par hydrogène ;
  • la microstructure est non dégradée et présente une structure ferrite-perlite non âgée ;
  • beaucoup de dépôt interne sont observés dans les manchettes et peuvent atteindre une épaisseur maximale de 1,5 mm. Ces dépôts contiennent beaucoup d’éléments corrosifs S, P et Cl, mais également du Cu, Mn, Mg, Na et d’autres éléments en trace. La provenance la plus probable de cette quantité de cuivre en interne est le condenseur.

La fragilisation par hydrogène pourrait provenir d’une mauvaise gestion de la qualité chimique de l’eau utilisée par l’exploitant. L’arrivée soudaine et massive d’eau de mer, suite à la fuite dans les condenseurs le 18 mars 2016 (ARIA 47992), a eu pour conséquence d’injecter une grande quantité de chlore et d’oxygène dans le circuit et a accéléré le phénomène de corrosion des tubes déjà affaiblis par une qualité d’eau dégradée.

Suite à l’expertise réalisée, plusieurs recommandations sont faites :

  • la cartographie par ultrasons des tubes pour déterminer les tronçons corrodés et remplacer ceux dont l’épaisseur est inférieure à 2 mm ;
  • procéder au nettoyage chimique des tubes dont l’épaisseur résiduelle le permet ;
  • améliorer la gestion chimique de l’eau. Actuellement c’est sur ce point que l’exploitant a travaillé. Il a investi dans des équipements de surveillance en ligne de la qualité de l’eau et dans une unité de production d’eau déminéralisée complémentaire.