Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine métallurgique, 2 explosions, suivies d’un incendie, se produisent à 21h30 dans un four de fusion contenant 5 t de titane. L’opérateur en poste est alerté par des dérives de paramètres de contrôle : arrêt de la fusion par les barrières de sécurité 20 minutes avant l’explosion et baisse du niveau d’eau d’un ballon. Le POI est déclenché et l’atelier est évacué. Un périmètre de sécurité est établi autour du bâtiment. La circulation est interrompue sur la D1212 pendant 2h30. L’alimentation en gaz est coupée. L’électricité est maintenue pour conserver la surveillance et la conduite des fours voisins. Les pompiers éteignent l’incendie vers 23h15.

Les dégâts matériels sont très importants. Le four est détruit. La toiture et le bardage de l’atelier sont endommagés, un mur porteur est fissuré, des vitres sont brisées. L’atelier de fusion est à l’arrêt pour une durée minimum de 3 à 4 semaines.

L’analyse de l’accident montre que la première explosion est liée à l’entrée d’eau dans le four par le circuit de refroidissement de la tige “porte électrode”. Cette eau s’est vaporisée au contact du métal en produisant de l’hydrogène. Cette vaporisation a provoqué une rupture mécanique du four et de son circuit de refroidissement. L’arrivée massive d’eau au contact du titane en fusion dans le creuset a généré de l’hydrogène. Au contact de l’oxygène, celui-ci a déclenché une deuxième explosion plus importante.

La première arrivée d’eau provient d’un amorçage secondaire sur la tige qui a provoqué le percement du circuit de refroidissement de cette tige en 29 secondes. L’eau de refroidissement s’est ensuite écoulée dans le four pendant 12 minutes (soit 300 l) jusqu’à la première explosion. Selon l’exploitant, l’amorçage secondaire proviendrait d’un problème de géométrie, d’état de surface et / ou de qualité de montage (“clampage”) des pièces (tige, stub et embout).

L’exploitant propose les actions correctives suivantes :

  • asservir la variation de tension d’arc pour couper la fusion dès la formation d’un amorçage secondaire afin de protéger les pièces d’assemblage stub/tige ;
  • couper l’eau de refroidissement de la tige en cas de variation anormale du débit d’eau ;
  • renforcer les méthodes de réception et de contrôle des pièces liées à l’assemblage stub/tige, en s’appuyant sur la mise en place de rapports de conformité, de fiches de suivi de pièces et le renforcement des modes opératoires de clampage et de changement d’embout.