Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 13 h, dans une centrale thermique classée Seveso seuil bas, un salarié constate un important déversement de fioul au sol. Les hydrocarbures sont rejetés par une pompe immergée dans le réseau d’eau pluviale. Le salarié arrête cette pompe et donne l’alerte. Le rejet, estimé à 100 m³, se répand sous une installation de panneaux photovoltaïques du site. Le débordement d’un bac de fioul en est à l’origine.

L’incident survient dans un contexte inhabituel. Le fonctionnement de la centrale est fortement perturbé par une grève depuis 10 jours. Les grévistes limitent l’accès aux seules équipes de conduite réquisitionnées.

La veille de l’événement, en vue du dépotage d’un navire, des opérations de lignage ont eu lieu sur un bac de fioul. Un régime de consignation, basé uniquement sur un relevé de position visuel, a été mis en place. Durant la nuit, le positionnement de plusieurs vannes a été modifié. 2 bacs ont été mis en communication conduisant au remplissage par gravité du bac de fioul. Ce bac est équipé d’un niveau haut et d’un niveau très haut. Tous 2 activent des alarmes visuelles et sonores. Seules les alarmes visuelles se sont activées en salle de contrôle, les alarmes sonores étaient quant à elles hors service. Les alarmes visuelles n’ont pas été perçues par les opérateurs en salle de contrôle et le bac a débordé.

Le fioul s’est écoulé, par le trop-plein, dans la rétention du bac qui n’est pas équipée de détecteur d’hydrocarbures. La vanne d’isolement de la rétention était ouverte. Les hydrocarbures se sont alors écoulés vers le réseau d’eaux pluviales. En fonctionnement normal, ce réseau débouche sur un  bassin d’orage. Lors de l’événement, le bassin d’orage était en travaux. Son alimentation était obturée. Le réseau d’eau pluviale était purgé à l’aide d’une pompe immergée qui rejetait directement dans le milieu naturel. Le fioul ayant débordé du bac, s’est répandu dans la rétention, puis dans le réseau d’eau pluviale avant d’être rejeté par la pompe.

Suite à cette pollution, l’inspection des installations classées se rend sur place. Elle recommande à l’exploitant de renforcer les barrières de sécurité techniques et organisationnelles. Elle demande notamment la mise en œuvre de condamnation mécanique des commandes des organes de transfert lors de la réalisation d’un régime de consignation. Une révision de l’étude de danger, intégrant les demandes de l’inspection ainsi que l’évaluation des risques associés aux mouvements sociaux, est également demandée.