Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un dimanche matin, vers 6 h, un feu se déclare dans une entreprise de traitement de surface pour l’industrie automobile. La chaîne de traitement de surface d’où le sinistre est parti est à l’arrêt. L’alerte est donnée suite au déclenchement d’alarmes. L’incendie concerne 500 m² d’un bâtiment contenant des bains et des stockages de produits chimiques (280 l de peroxyde d’hydrogène, 7 000 l de soude caustique, 3 000 kg de soude en perle et 1 500 l de chrome). Un important panache de fumées noires se dégage en direction de la ville. En raison de la quantité de produits chimiques impactée par l’incendie, des mesures de confinement de la population sont prises. Les secours maîtrisent l’incendie vers 11h30. Les mesures de pollution de l’air réalisées permettent de lever les mesures de confinement au bout de 4 h. Par ailleurs, la capacité de rétention du site n’étant que de 130 m³, les secours effectuent des travaux de terrassement pour augmenter à 500 m³ cette capacité de rétention et éviter une pollution de la rivière voisine. En parallèle une société privée pompe les bains de traitement et les eaux d’extinction avec le concours de l’exploitant et des pompiers. La chaîne de production est détruite. La production est transférée sur un autre site. 65 à 70 salariés sont en chômage technique pour une durée indéterminée.

L’origine de l’incendie n’est pas encore officiellement établie mais une des hypothèses serait un dysfonctionnement électrique au niveau d’une des chaînes de traitement de surface. Il s’agirait d’une défaillance de liaison à l’intérieur d’un boitier de raccordement d’une résistance chauffante. Cette défaillance pourrait résulter d’un phénomène de corrosion qui aurait dégradé la qualité du contact, provoquant un contact résistif à l’origine d’un échauffement anormal par effet Joule. Cet échauffement a pu provoquer l’inflammation du boitier en plastique. L’incendie se serait ensuite propagé au câble électrique puis à la gaine principale d’aspiration du laveur de gaz. L’alarme incendie a mis en sécurité le laveur de gaz qui coupa l’aspiration au niveau des bains. Les mouvements d’air mettent plusieurs secondes à s’arrêter du fait de l’inertie de rotation du ventilateur. Ce temps suffit à convoyer les gaz de combustion jusqu’au laveur situé dans la station et à y propager l’incendie.

La thermographie infrarouge aurait pu détecter un échauffement de la connexion électrique défaillante si celle-ci avait été réalisée sur les systèmes de chauffe en fonctionnement. C’est à dire en dehors des périodes de fonctionnement des bains et plutôt en hiver quand les systèmes de chauffe ont plus de chance d’être sollicités. Ce qui n’a pas été le cas.