Pollution
Humain
Environnement
Economique

Fuite massive de Javel dans une cuvette de rétention

Dans une usine de conditionnement de détergents ménagers, un opérateur effectuant une ronde vers minuit dans les parcs de stockage abritant des cuves découvre que la cuvette de rétention de 2 bacs est pleine d’eau de javel. Il alerte le responsable sécurité et celui de la production. La cuvette n’étant pas étanche, 30 l de produit s’accumulent dans un point bas en amont du réseau des eaux pluviales. Le produit restant dans la cuvette est pompé dans un bac vide pendant que la fuite de la cuvette est bouchée. Celui présent dans le réseau est pompé à l’aide d’une petite pompe mobile dans un conteneur vide récupéré en urgence dans le parc à déchet. Ce dernier ayant contenu de l’acide, un dégagement de chlore se produit et intoxique légèrement un employé. La quantité de javel à 2,6 % répandue dans la cuvette est estimée à 80 m³ soit 83,5 t.

Un changement dans l’organisation du travail à l’origine de l’accident

L’exploitant a supprimé depuis 4 mois l’équipe de nuit spécialement en charge du transfert des produits entre les cuves de stockage et les lignes de conditionnement. La nuit de l’accident, l’équipe de production doit conditionner des flacons de 5 l de javel. Une fois le stock épuisé dans la cuve tampon, un des opérateurs doit se rendre dans le bâtiment abritant le poste de commande des parcs de stockage vers 22 h. Depuis le pupitre, il lance la pompe de transfert, puis ouvre la vanne de pied du bac correspondant. Un coup de bélier survient, provoqué par le soutirage à vide conséquence du lancement de la pompe avant l’ouverture de la vanne. Un coude en aval de la vanne se désolidarise de sa tuyauterie en PVC. La cuve alimente partiellement la ligne de production, mais se vide en partie dans la cuvette par le coude fuyard jusqu’à que le rondier découvre l’accident 2 h après.

Des problèmes de conception et d’entretiens

Le capteur de niveau de la cuvette en panne n’a pas déclenché d’alarme visuelle au poste de garde du site. L’enquête révèle l’absence de consigne d’exploitation et de consignes pour les opérations de transfert alors que l’équipe de production n’était pas formée à l’utilisation du poste de commande du transfert (assuré précédemment par une équipe spécialisée). Une fois le transfert lancé, personne ne restait dans le bâtiment abritant le poste de commande pour surveiller à distance le bon déroulement du transfert. Le synoptique du pupitre du poste de commande n’affichait pas la position de la vanne de pied de cuve, ce qui aurait pu alerter l’opérateur sur le risque de coup de bélier dans les tuyauteries de transfert. Le fonctionnement de la pompe de transfert n’était pas asservi à la bonne ouverture des vannes de pied de cuve, ni à la détection de niveau bas dans cuves. Une fois la fuite détectée, le personnel n’a pas activé le ballon obturateur des réseaux d’assainissement du site malgré la consigne existante.