Pollution
Humain
Environnement
Economique

Faits, alerte et intervention

Vers 8 h, dans une installation de stockage de déchets non dangereux entrée en phase de post-exploitation depuis quelques mois, un évaporateur à lixiviats alimenté au biogaz s’arrête suite à la détection d’un défaut de température. Le technicien qui intervient constate que l’arrêt est dû à un colmatage du filtre à manche de collecte des résidus de filtration. Il lance une opération de décolmatage.

Vers 11h45, lorsqu’il ouvre le volet inférieur de la trémie d’évacuation gravitaire des résidus, il constate une odeur de brûlé, des fumées et la présence de blocs de résidus calcinés. L’équipement est mis en sécurité : coupure électrique, fermeture de la vanne d’arrivée de biogaz, arrêt du compresseur à air, interdiction d’ouvrir les trappes d’ouverture de la trémie pour éviter un apport d’oxygène.

Un des big-bags contenant les résidus évacués lors de l’ouverture de la trémie s’enflamme. L’employé appelle les pompiers et attaque les flammes avec un extincteur à eau. Le feu est éteint. Les pompiers isolent les big-bags. Ils réalisent un suivi de la température interne de l’équipement. Ils quittent les lieux le lendemain matin après avoir vérifié l’absence de point chaud.

Conséquences

Les eaux d’extinction sont collectées dans le bassin de lixiviats. Les dommages sont limités à l’endommagement de l’enveloppe d’un big-bag.

Suites

Un contrôle complet de l’intérieur de l’équipement est réalisé. Aucun signe de combustion n’est constaté dans l’évaporateur lui-même. Tous les filtres à manche sont remplacés préventivement. L’évaporateur est remis en service quelques semaines plus tard. La capacité de stockage des lixiviats étant suffisante, il n’a pas été nécessaire d’envoyer les lixiviats pour traitement vers un autre site pendant l’arrêt. Il n’y a pas non plus eu d’impact sur le captage de biogaz du site.

Analyse des causes

Selon l’exploitant, l’accident serait dû à une auto-inflammation de résidus en raison de la température haute intra-manche et d’une entrée d’air consécutive à une fissure sur le cyclone interne. Cette fissure avait été détectée plus d’un mois auparavant lors d’un contrôle hebdomadaire de l’équipement. Jugée non significative, la poursuite du fonctionnement avait été permise. Un cyclone neuf avait toutefois été commandé en vue d’un prochain remplacement. Après l’accident, il est finalement remplacé début octobre.

Retour d’expérience

L’exploitant avait connaissance de la capacité d’auto-inflammation des résidus secs produits par l’évaporateur (phénomène dépendant du volume et de la granulométrie des résidus, de leur température de stockage, de l’humidité et du taux d’O2 environnant). Bien que n’étant pas censé se produire dans les conditions normales de fonctionnement de l’unité, de nombreux incidents liés à des auto-inflammations avaient déjà eu lieu. Une procédure sur la conduite à tenir en cas d’auto-inflammation de résidus dans un big-bag était en vigueur dans l’établissement. Elle a été correctement appliquée par l’employé. Par ailleurs, les dispositifs d’alerte et de lutte contre l’incendie en place ont correctement fonctionné.

La surveillance de l’évaporateur, avec vérification hebdomadaire de l’état du cyclone, est maintenue. L’exploitant prévoit de réaliser 2 exercices “incendie évaporateur” par an.

L’exploitant envisage par ailleurs de :

  • créer un stock de cyclones sur site pour être plus réactif en cas de problème car les délais de fabrication sont longs
  • mettre en place un système de déclenchement de propulsion d’eau dans l’évaporateur en cas de détection de température haute des filtres.