Pollution
Humain
Environnement
Economique

Événements et intervention

Vers 11h50, l’explosion d’une bombe d’artifice, suivie d’un départ de feu, se produit dans une usine de fabrication de feux d’artifices classée Seveso seuil haut. Deux opérateurs sont en train de contrôler une commande en vue de son emballage. Alors qu’un opérateur pose une bombe de calibre 150 mm pour l’isoler des autres produits restant à contrôler, le tronc de la bombe se met à feu. La mise à feu se propage aux produits et cartons alentours qui produisent leurs effets de façon successive (pas d’effet de masse). Dès l’initiation de la 1ère fumée, les 2 opérateurs se précipitent vers les sorties du bâtiment, mais l’un d’entre-eux, atteint par le souffle lié aux réactions des produits pyrotechniques, est sérieusement brûlé aux jambes et au dos.

L’exploitant déclenche le POI de l’établissement. Les 18 employés sont rassemblés à l’abri. Les produits du bâtiment d’emballage finissent de produire leurs effets après 5 min, avant l’arrivée des pompiers. Une camionnette de transport interne, contenant des colis fermés, stationnée à proximité du bâtiment est impactée. Il y a prise en feu au niveau d’un pneu.

Les pompiers éteignent l’incendie au niveau du bâtiment et du véhicule. Alors que la situation semble maîtrisée, 50 min après le début de l’événement, les produits contenus dans le véhicule produisent leurs effets pendant 1 min. L’incendie du pneu a mis le feu au plancher du véhicule sur lequel étaient posés quelques cartons d’artifices.

Toutes les retombées et projections au sol sont mouillées pour neutraliser les éventuels produits encore actifs. L’intervention se termine à 14h45.

Conséquences

L’employé blessé est transporté au centre hospitalier. Les murs en parpaing du bâtiment de 100 m² ont résisté mais sa toiture est détruite et s’effondre dans le bâtiment (conformément à ce qui est prévu en cas de sinistre de cette nature). La camionnette est partiellement brûlée. Les bâtiments situés à proximité ne sont pas impactés grâce aux distances de sécurité (en dehors de la Z2). Les prairies attenantes reçoivent des retombées incandescentes sur 800 m². Aucun chômage technique n’est à déplorer. L’activité peut se poursuivre dans les autres installations du site.

Suites

Un arrêté préfectoral de mesures d’urgence est pris. L’installation sinistrée est mise en sécurité. Les bombes identiques à celles concernées par l’accident sont isolées dans leur bâtiment de stockage (pour éviter tout risque lié à leur déplacement), interdites de manipulation et interdites à la vente. Les bombes en stock sur des lieux de distribution sont retirées de la vente.

Analyse des causes

Le véhicule était stationné dans la zone des effets dominos du bâtiment d’emballage, comme cela était prévu dans l’étude de dangers. Les quantités cumulées de matière active présentes au moment de l’accident au sein de l’ensemble bâtiment + véhicule étaient conformes au timbrage autorisé. Il n’y a pas eu de transmission instantanée entre le bâtiment et le véhicule ou son contenu.

La bombe incriminée provenait d’un retour de feu non tiré (feu annulé par le client). Son allumeur électrique avait été enlevé et le produit reconditionné pour remise en stock en vue d’une utilisation postérieure. Le tronc, collé sur la coque de la bombe, est normalement protégé par un papier maintenu par un élastique. Cette protection avait peut-être été retirée, conduisant à la mise à nu de quelques dizaines de grammes de composition pyrotechnique.

Des analyses sont effectuées sur des produits provenant du même lot que celui à l’origine de l’accident pour déterminer les raisons du dysfonctionnement ayant conduit au déclenchement du tronc.

L’hypothèse d’une réaction chimique intempestive entre la composition comportant du magnésium et l’humidité des mains de l’opérateur est exclue après la réalisation de tests.

L’explication la plus vraisemblable est celle d’une réaction électrostatique entre la bombe, le sol et l’opérateur. Le jour de l’accident, la température était très élevée et l’hydrométrie était faible. Par ailleurs, l’opérateur ne portait pas ses EPI : il était torse nu et portait un short en polyester. Dans ces conditions, une étincelle de décharge électrostatique a pu se produire lors de la pose au sol de la bombe et conduire à la mise à feu du tronc.

L’exploitant met en place des mesures correctives :

  • Mise à jour de la procédure de retour de feux : l’intégrité totale des produits non tirés devra être vérifiée avant leur remise en stock.
  • Modification de la procédure sur le port des EPI : même en cas de fortes chaleurs, aucune exception au port d’un tee-shirt et pantalon en coton ne sera tolérée
  • Mise à jour du POI en y intégrant la configuration rencontrée lors de l’accident
  • Rappel des consignes de sécurité, notamment celles relatives aux EPI, et présentations des mesures correctives mises en place lors d’une réunion interne.