Pollution
Humain
Environnement
Economique

Caractéristiques de l’ouvrage :

  • DN 800
  • Pression 63 bar
  • épaisseur des tubes : 9,5 mm
  • revêtement en goudron de houille
  • Année de construction : 1960
  • débit d’exploitation : pipeline à l’arrêt sous pression statique de gaz naturel depuis le 5 janvier 2014

Circonstances de l’accident :

  • Période de grand froid : température de -26 °C au moment de l’accident
  • Ouvrage soumis à un seul essai hydrostatique depuis sa construction

Une explosion se produit vers 1 h sur un gazoduc transportant du gaz naturel. Des flammes de 300 m de haut sont visibles. Les secours évacuent 5 maisons. La circulation routière sur la voie rapide proche est coupée. Par sécurité, Les pipelines adjacents sont fermés. L’incendie est éteint vers 15 h (le gaz a brûlé pendant près de 12 h).

4 000 clients sont privés d’alimentation en gaz pendant 80 h nécessitant l’alimentation des hôpitaux et des abris d’urgence par citernes routières. L’explosion a formé un cratère de 24 m de long et 12,5 m de large. Des débris ont été projetés dans un rayon de 100 m.

2 Ruptures sur 11 m

Le gazoduc s’est rompu en 2 endroits distants de 11 m l’un de l’autre. La première rupture se situe au niveau d’un raccord avec une autre canalisation et d’une vanne. La seconde rupture est localisée au niveau d’un joint circulaire entre 2 sections de conduites soudées. Cette 2ème rupture est été induite par la 1ère : l’ouvrage sous l’effet de la 1ère rupture s’est soulevé sous l’effet des forces de réaction créées puis plié au niveau du joint circulaire.

Après examen des sections rompues, il apparaît que :

  • la conduite  a cédé initialement (rupture n°1) au niveau d’une fissure pré-existante qui était demeurée stable pendant plus de 50 ans et rien n’indiquait que le défaut avait progressé
  • cette fissure date de la construction du pipeline, une mauvaise qualité de la soudure réalisée en atelier en serait à l’origine. L’inspection de chaque soudure par radiographie n’était pas exigée à l’époque, ni l’archivage des carnets d’inspection
  • la résistance de l’acier est faible et n’est pas conforme aux exigences actuelles (les spécifications des aciers ne figuraient toutefois pas dans les codes de construction en vigueur au moment de la mise en service de l’ouvrage).

Plusieurs facteurs sont également évoqués comme étant à l’origine de la rupture :

  • mouvements du sol initiant des contraintes supplémentaires autour de la vanne
  • les températures excessivement froides de l’hiver générant un gel profond des sols et modifiant également la répartition des contraintes mécaniques.

Des campagnes de raclage avaient été réalisées sur l’ouvrage en 2001 puis en 2009. Des excavations afin de vérifier l’intégrité de l’ouvrage avaient été également menées en 1997,1998,1999 et 2009, dans des zones proches du lieu de l’accident. Un tronçon de 38 m avait d’ailleurs été changé à la suite de la découverte de traces de corrosion sous contrainte.