Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 15 h, dans une usine pyrotechnique classée Seveso seuil haut, un feu se déclare sur une aire de brûlage destinée à détruire par incinération des déchets et rebuts de produits pyrotechniques.

A 14h52, un opérateur lance une opération de destruction. Conformément à la consigne, il quitte l’enceinte du brûloir après avoir attendu 5 minutes que la combustion soit parfaitement établie. C’est alors qu’il observe des foyers dans le champ contigu à l’aire de brûlage. Il appelle des renforts internes : 8 salariés sont mobilisés. Vers 15h30, les pompiers sont appelés car certains secteurs ne sont pas accessibles avec les seuls moyens de lutte disponibles sur site (inadaptation de positionnement des bornes incendie et de longueur des tuyaux incendie). Ils maîtrisent l’incendie vers 16h45. Des rondes sont mises en place pendant la nuit suivante.

La zone agricole adjacente à l’aire de brûlage est impactée sur 26 000 m². Les champs avaient été moissonnés et des quantités importantes de chaumes étaient présentes au sol. Par ailleurs, une sécheresse sévissait dans la région depuis plusieurs semaines.

Analyse des causes

La vidéosurveillance révèle que les 1ers foyers de combustion, avec des flammes très blanches, sont apparus vers 15h04 sur la sole de brûlage. A 15h09, une combustion vive “flash” est observée. Elle conduit à l’expulsion de projectiles enflammés vers l’environnement.

Les produits en cours de destruction étaient des résidus de nitrate fioul aluminisé, provenant notamment d’épandages de produits et de résidus de nettoyage de l’atelier de fabrication. Lors de la journée de production, un épandage de poudre d’aluminium avait eu lieu. Le produit à détruire était donc plus chargé en aluminium qu’à l’accoutumée (visible à la couleur grise du produit). Cette présence d’aluminium avait été signalée par les opérateurs de fabrication à l’opérateur de destruction. Deux jours avant, des difficultés de réglage de l’alimentation en aluminium, ayant entrainé des épandages de poudre, avaient été remontées à la hiérarchie. Cette présence d’aluminium serait à l’origine du flash. En effet, les flammes blanches observées sont caractéristiques des feux de particules de métaux.

Du fait de la sécheresse, 2 départs de feux, maîtrisés immédiatement, ont eu lieu dans les semaines précédentes. Face à ces événements, la décision avait été prise de réaliser un arrosage avant chaque opération de brûlage. Cet arrosage n’avait toutefois pas été réalisé le jour de l’accident, l’opérateur ayant jugé que les pluies des jours précédents avaient joué un rôle préventif suffisant.

Mesures prises

L’exploitant prend les mesures suivantes :

  • demande aux agriculteurs voisins de déchaumer après la moisson et rappel des risques. Dans l’attente de la mise en œuvre de cette action, les activités de brûlage sont interrompues.
  • mise en place d’une zone coupe-feu autour du brûloir.