Pollution
Humain
Environnement
Economique

Des riverains d’une usine de chimie organique classée Seveso appellent les services de secours vers 14 h pour signaler une odeur de gaz provenant du site. Alerté par les pompiers, l’exploitant vérifie les concentrations de ses capteurs de sécurité et effectue une ronde sans que rien d’anormal ne soit détecté. De nouvelles plaintes des riverains le conduisent à mettre son site en sécurité vers 19 h. De nouvelles rondes, menées en binôme avec les pompiers, permettent de découvrir que l’odeur provient d’un bassin d’homogénéisation des effluents liquides en amont de la station d’épuration du site.

Une enquête révèle que des effluents organiques très chargés en matières organiques ont été envoyés par erreur dans ce bassin destiné à recueillir ceux moyennement chargés. Ils auraient dû être envoyés vers le bassin dédié aux fortes concentrations. Sous l’effet d’une hausse de la température ambiante et du manque d’oxygène dans le bassin, une fermentation anaérobique de ces effluents fortement biodégradables s’est déclenchée. Elle a dégagé des composés soufrés fortement odorants, proches de ceux utilisés pour odoriser le gaz de ville. Le vent soufflant dans une direction inhabituelle a poussé le dégagement vers les habitations proches. Lors de l’incident, les concentrations en COV et H2S dans l’air étaient inférieures aux seuils de détection des capteurs de l’exploitant et des services de secours (0,5 ppm, VME de l’H2S : 5 ppm).

L’erreur d’orientation des effluents aurait pour origine la mesure d’une concentration dans l’effluent supérieure à la plage de mesure du capteur. Cette mesure, préalable à l’envoie vers la STEP, est utilisée par l’automate de conduite des installations pour orienter l’effluent vers le bassin adapté à sa charge en matières organiques. L’automate n’était pas programmé pour mettre en sécurité sur une mesure hors plage. Il l’était pour orienter les effluents vers le bassin des moyennes concentrations.

L’exploitant isole les effluents concernés et pendant 4 jours les traite progressivement dans le bassin d’aération de la STEP. Il informe régulièrement les riverains et la commune de l’avancée du traitement. Il étudie des techniques de traitement des eaux émettant moins d’odeurs ainsi que la mise en place de capteurs fixes de détection de H2S avec renvoi des alarmes à la STEP.