Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine pétrochimique, un rejet d’éthylène se produit à 1h07 au niveau du blockhaus de protection du réacteur haute pression (1 700 bar) de l’unité polyéthylène. Les capteurs de gaz inflammable de l’unité ne détectent pas la fuite. L’unité est arrêtée par une séquence de sécurité basée sur le delta pression mesure-consigne dans le réacteur. La réaction est ainsi stoppée et le réacteur isolé. Le rejet est estimé à 600 kg. L’exploitant envoie un communiqué de presse.

La fuite est localisée sur un assemblage de forme rectangulaire permettant de fixer la tuyauterie sur le fût du réacteur. L’assemblage est percé de 4 trous permettant d’enserrer un joint lenticulaire par serrage de 4 goujons insérés dans le corps du réacteur. Un mécanisme progressif, sur plusieurs années, de rupture par fatigue des 2 goujons supérieurs, puis une rupture des 2 goujons inférieurs par striction / étirement, est à l’origine de la fuite. Les goujons avaient été contrôlés par ultrasons 4 ans avant l’accident.

L’expertise des goujons ne révèle aucun défaut matière ni de corrosion. Les investigations sont menées pour déterminer le phénomène initiateur. Des capteurs vibratoires sont installés sur les lignes d’alimentation du réacteur et une étude de pulsations au refoulement de l’hyper compresseur réalisée sans résultats probants. Une étude pulsatoire complète du compresseur de la ligne est effectuée avec le fournisseur

L’exploitant met en place les mesures suivantes:

  • remontage de goujons neufs et remplacement des goujons sur l’autre ligne haute pression de l’usine lors du prochain arrêt (plan de remplacement préventif de la boulonnerie, y compris au niveau des couples de serrages appliqués) ;
  • remplacement systématique des goujons après démontage ;
  • mise en place d’une fiche de vie des goujons ;
  • abaissement du seuil de détection des capteurs gaz (de 20 à 15 % de la LIE).