Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un épisode de cas groupés de légionellose est identifiée le 07/11/2014, dans la banlieue de Lisbonne. Le premier cas a lieu le 14/10 et le nombre de patients infectés augmente jusqu’à un pic le 06/11.

La municipalité recense et géoréférence toutes les installations équipées de systèmes de refroidissement par voie humide et toutes les sources potentielles d’aérosols. Le 08/11, la désinfection de l’eau potable et des eaux des piscines et fontaines est renforcée. Le 09/11, les autorités demandent l’arrêt de toutes les tours aérorégrigérantes (TAR) de la région et leur désinfection.

Sur la base des données épidémiologiques, des modèles de retro-calcul sont utilisés pour déterminer la période de diffusion des aérosols (période d’exposition) et le nombre total estimé de cas.

L’épidémie est déclarée contrôlée le 21/11. Plus aucun cas confirmé n’est notifié après le 24/11. Au total, 375 cas confirmés, dont 12 mortels et 50 cas graves, ont été recensés. Le vent faible et la forte humidité de l’air au cours de la fin du mois d’octobre et du début du mois de novembre ont facilité la propagation des bactéries.

La comparaison entre les souches cliniques et les souches environnementales conduit à incriminer, comme origine de la contamination, une tour aéroréfrigérante exploitée sur un site de production d’engrais minéraux et azotés. Le premier patient, qui a présenté les symptômes le 14/10, était chargé de la maintenance des TAR sur ce site. La TAR incriminée avait été inspectée pour la dernière fois en 2012 (fréquence triennale). Conformément à la législation environnementale, 5 analyses de légionelles avait été réalisées par l’exploitant depuis cette date. La dernière, menée en mai 2014, avait donné des résultats normaux.

L’entreprise est fermée administrativement le 11 décembre et réouvre 1 mois plus tard. Des poursuites juridiques sont lancées contre l’exploitant par le ministère de l’environnement.

En avril 2015, plus de 300 personnes se regroupent pour déposer plainte et forment une association pour obtenir des dédommagements.

Cet épisode est le plus important survenu à ce jour au Portugal, et un des plus importants à l’échelle européenne et mondiale (un des 3 plus gros connus au monde). Son taux de mortalité (3,2 %) est cependant plus faible que la moyenne mondiale (15 %). Ce sont surtout des hommes de 50 à 60 ans qui ont été touchés.