Pollution
Humain
Environnement
Economique

A 14h10, dans une usine de fabrication de parfums, un feu se déclare dans une cuve en inox de 500 l contenant 50 kg d’alcool et 140 kg d’acétate d’éthyle. Un opérateur est en train de remplir la cuve avec de l’acétate d’éthyle à l’aide d’un pistolet doseur. Il voit une étincelle au niveau du pistolet puis l’apparition d’une flamme. Il se protège le visage mais est brûlé au 2ème degré à une main et au 1er degré sur le front. Un de ses collègues éteint l’incendie à l’aide des extincteurs poudres. La cellule de crise est déclenchée et le personnel des zones adjacentes à l’incendie est évacué.

La salle de fabrication est ventilée une nuit entière pour éliminer les gaz de combustion d’alcool et d’acétate et supprimer tout risque lié aux émanations pour les opérateurs. Les dommages matériels sont estimés à 15 000 €. Le contenu de la cuve de fabrication, les fûts d’acétate d’éthyle et les fabrications en cours présents au moment du sinistre sont traités en tant que déchets dangereux.

Un apport d’énergie sous forme d’électricité statique a entraîné l’inflammation des vapeurs d’alcool et d’acétate. Des opérateurs signalent qu’ils avaient déjà vu des étincelles sur les pistolets dans cette zone, mais n’avaient pas partagé l’information. L’absence de mise à la terre de la cuve de fabrication et des fûts d’acétate pourrait être à l’origine de l’accident. Seule la pompe de distribution avait été mise à la terre. Par ailleurs, le tuyau d’air comprimé d’alimentation de la pompe était en matériau électrostatique. L’opérateur ne portait ni vêtements anti-statiques ni EPI risque chimique. Il n’existait pas de maintenance préventive des systèmes de mise à la terre pour garantir leur efficacité dans le temps.

L’exploitant fait réaliser un audit de ses équipements de sécurité par des experts en ATEX : contrôle de tous les circuits de mise à la terre, expertise des pistolets de dosage pour vérifier l’existence d’une défaillance. Il met en place un plan d’action comportant notamment :

  • des améliorations des procédures et de la formation : rédaction d’une procédure de mise à la terre des équipements (cuve, pompe, fûts) incluant une méthodologie de contrôle, formation technique des opérateurs de fabrication ciblée sur la sécurisation du poste de travail
  • des améliorations des équipements pour limiter le risque électricité statique : remplacement du tuyau de la pompe par un tuyau dissipateur, mise à disposition d’EPI antistatiques (chaussures et gants dissipateurs, vêtements en coton…)
  • des améliorations des moyens de protection des opérateurs : recherche d’EPI compatibles risque chimique et risque incendie.