Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une papeterie, un chauffeur-livreur dépote par erreur 1,2 m³ d’adoucissant dans une cuve d’eau de Javel. Les 2 produits étant incompatibles, un dégagement gazeux se produit. Un périmètre de sécurité de 100 m est établi. Les 130 employés évacuent le site.

La cuve est refroidie en injectant de l’eau par sa double enveloppe. Le mélange adoucissant-javel est pompé puis envoyé dans un bassin de confinement pour être traité dans la station d’épuration du site. La cuve est déformée par la chaleur de la réaction.

Plusieurs circonstances d’exploitation ont favorisé l’événement :

  • conception des installations : zone de dépotage commune à plusieurs produits, raccords de dépotage identiques, bouches de dépotage cadenassées mais clé identique
  • formation des opérateurs : l’opérateur avait l’habitude de vidanger de l’hypochlorite de sodium mais il dépotait pour la première fois de l’adoucissant, le chauffeur livreur ne parlait pas français

Par ailleurs, la gestion des risques liés aux effets de mélanges de produits incompatibles n’a pas été prise en compte dans l’étude de dangers du site.

De plus, le bassin de confinement récoltait les eaux de process durant le retraitement des eaux confinées, diluant ainsi les produits collectés. Ce fonctionnement a dilué les produits confinés et a retardé leur traitement. Cela peut également être problématique de ne pas évacuer rapidement les eaux confinées.

L’inspection des installations classées demande à l’industriel d’examiner la modification de ses réseaux de collecte.

A la suite de l’accident, l’exploitant supprime les clés personnels pour les brides de dépotage et révise ses procédures.

L’incident n’a pas généré de pollution aquatique. Les concentrations mesurées en sortie de la station d’épuration lors du traitement des eaux confinées sont restées en dessous des valeurs réglementaires prévues.