Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine chimique, une montée en pression se produit dans un réservoir atmosphérique stockant des effluents alors que le site est en phase de production. Le chapeau de la garde hydraulique située en point haut du réservoir est éjecté à 77 m. La robe du bac est déformée (bombée vers le bas) mais ne fuit pas. Les employés perçoivent un bruit similaire à l’ouverture d’une soupape et une alarme de pression basse dans le réservoir apparait en salle de contrôle alors que le niveau et la température sont normaux. L’installation fonctionne dans la même configuration depuis 30 ans environ. Le réservoir est alimenté par deux flux principaux d’effluent aqueux. Le premier effluent est une solution contenant un composant organique qui, sous conditions normales de stockage génère de l’hydrogène gazeux. Le deuxième effluent est composé d’une solution d’acide formique et d’un sous-produit mineur du procédé. Ce sous-produit est du peroxyde d’hydrogène à 2% (oxydant fort), qui sous conditions normales de stockage génère en se décomposant du dioxyde de carbone avec des traces d’oxygène. Le réservoir est maintenu sous une pression positive d’azote pour inerter son ciel gazeux en raison de la présence d’hydrogène facilement inflammable dans l’air. Deux jours avant l’incident, le deuxième effluent envoyé vers le réservoir était faiblement contaminé avec des particules de solide en suspension. Ces particules, en faibles quantités (< 10 ppm) sont composées de palladium sur carbone et servent de catalyseur dans l'atelier qui produit l'effluent. La présence de ces particules est anormale et découle d'un dysfonctionnement du procédé. Le palladium a catalysé la décomposition du peroxyde d'hydrogène dans le réservoir pour donner de l'eau et de l'oxygène gazeux supplémentaire. Le mélange d'hydrogène et d'oxygène du ciel gazeux a alors explosé au contact d'une source de chaleur non définie, provoquant une surpression dans le bac d'où sa déformation et l'éjection du chapeau de la garde hydraulique. Malgré la présence d'azote dans le ciel gazeux, l'apport supplémentaire d'oxygène (comburant) dû à la décomposition du peroxyde d'hydrogène a abaissé la limite inférieure d'inflammabilité de l'hydrogène présent (carburant), naturellement basse dans l'air (4,1 %) et dont l'énergie d'inflammation est si faible (de l'ordre de 0,02 mJ) qu'il s'enflamme quasi-systématiquement en mélange avec l'air. Une étude post-accidentelle montre que, même en l'absence de catalyse par le palladium, la production d'oxygène dans le réservoir par décomposition du peroxyde d'hydrogène est supérieure à ce qui avait été estimé initialement. L'industriel envisage la mise en place d'un balayage permanent d'azote dans le réservoir, avec évacuation de l'hydrogène en point haut. La date et le lieu de l'accident sont inconnus.