Pollution
Humain
Environnement
Economique

Peu de temps après la fin d’exploitation, un feu se déclare sur un stock de 5 000 m³ de déchets de bois dans un centre de compostage de déchets verts et de broyage de déchets de bois. A 21 h, un employé passant à proximité aperçoit les flammes et donne l’alerte. Un important panache de fumée se dégage avec formation d’un brouillard stagnant et des odeurs de fumée sont ressenties jusqu’à Chambéry et Grenoble.

Une trentaine de pompiers arrose le stock de bois avec 5 lances alimentées par le bassin de collecte des eaux de ruissellement et par le lac de Francin situé à 400 m du site. Les employés déblaient le stock de copeaux non impactés avec 2 pelles à grappin. Les pompiers étalent et noient des tas impactés, pour éviter toute reprise du feu. Les eaux d’extinction sont dirigées vers le bassin de rétention de 1 200 m³ mis en place récemment par l’exploitant. L’intervention se termine le 31/10 en fin de journée. Un vigile surveille le site pendant le week-end.

L’exploitant estime que 2 000 m³ de bois ont brûlé. Les 5 000 m³ de déchets de bois étaient répartis en 3 tas distincts : bois entrant en attente de broyage / bois pré-broyé / bois broyé finement, éloignés les uns des autres de 10 m. Les 2 tas impactés sont les déchets en attente de broyage et les déchets pré-broyés. Le tas de bois broyé est épargné. Il n’y a aucun propagation aux déchets verts en attente de compostage et au stock de compost grâce au respect des distances d’isolement.

Les dégâts matériels sont minimes (un tapis convoyeur détruit) mais la perte d’exploitation est importante. Les activités de la plate-forme sont interrompues pendant plus de 1 semaine. Pendant cette période, les flux de déchets, verts et bois, entrants sont dirigés vers d’autres installations.

Une pollution atmosphérique significative est constatée dans le bassin de la zone urbaine des pays de Savoie. Les stations de mesure de la qualité de l’air détecte des concentrations importantes de poussières amenant à la diffusion d’un communiqué d’information les 28 et 29/10.

L’inspection, informée le lendemain matin du départ de feu, se rend sur place le 29/10 pour faire le point sur les circonstances et conséquences de l’incendie et vérifier le respect de certaines prescriptions de l’arrêté préfectoral. Aucune non-conformité notable n’est mise en évidence.

L’exploitant procéde à l’analyse des eaux d’extinction retenues dans le bassin avant de les utiliser pour arroser les andains de compost. Les déchets calcinés sont mis à l’écart pour séchage puis passés au crible pour récupérer la fraction commercialisable après broyage. Une filière d’élimination est recherchée pour les fines (déchets non valorisables) issues du criblage.

Le feu aurait démarré dans le tas de déchets de bois entrant situé le long de la clôture du site, en bordure d’une voie d’accès. Il se serait ensuite propagé au tas voisin de déchets de bois pré-broyé. Selon toute vraisemblance, l’incendie serait d’origine criminelle. Ce site a déjà subi 2 incendies, impactant les déchets verts en attente de broyage et compostage, en septembre 2009 (ARIA 36919) et en novembre 2013. Les causes de ces incendies n’ont jamais été identifiées, même si la malveillance était suspectée.

L’exploitant réfléchit à la mise en place d’un système de vidéo-surveillance. Il envisage par ailleurs de diminuer les quantités de déchets entrants non broyés, plus facilement inflammables et générant des risques accrus de propagation d’incendie. L’inspection demande à l’exploitant de mettre en place des mesures pour prévenir la propagation d’un incendie en cas de départ de feu sur l’un des tas.