Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un feu se déclare vers 1h40 dans le bâtiment d’exploitation de 4 500 m² d’une usine soumise à autorisation fabriquant des détergents. Un agent de sécurité, envoyé sur site 2 h après la transmission d’une alarme perte de courant à la société de télésurveillance de l’établissement, donne l’alerte. Un important panache de fumées odorantes se dégage et incommode les employés d’un centre de tri postal voisin.

Les secours établissent un périmètre de sécurité et circonscrivent l’incendie vers 8h30 au moyen de 6 lances. L’exploitant déclenche l’obturateur gonflable présent au niveau du réseau d’eaux pluviales de voiries pour récupérer les eaux d’extinction. En raison d’un sous-dimensionnement de la rétention du site, un débordement ne peut être évité. Une entreprise de pompage récupère et envoie en traitement les eaux stockées dans la rétention pour limiter les fuites vers le milieu environnant. Une société de terrassement déblaie les lieux et crée une tranchée pour permettre aux pompiers de traiter les foyers résiduels. Le sinistre est éteint le lendemain en fin de journée. La surveillance sur site est maintenue les jours suivants.

L’incendie détruit les bâtiments abritant les lignes de conditionnement, les installations de formulation et les stockages de matières premières. Les 47 employés sont en chômage technique. Une partie des bureaux est épargnée. Les fichiers sensibles (formules de l’entreprise) sont récupérées.

Le site stocke notamment des matières premières très toxiques et toxiques pour l’environnement aquatique. L’accident entraîne un impact sur le milieu aquatique par 2 biais :

  • la cuve double paroi en PEHD contenant 15 m³ située à l’extérieur des bâtiments fond sous l’effet des flux thermiques

  • l’obturateur gonflable du réseau d’eaux pluviales est déclenché de manière trop tardive pour éviter l’écoulement des pertes acides issues de l’embrasement de cette cuve vers le puisard d’eaux pluviales.

Les eaux d’extinction basiques (pH 14) débordent et souillent 2 000 m² d’une friche industrielle voisine (destruction partielle de la végétation) et 1 500 m² de terrains non étanches dans l’enceinte de l’établissement. Les analyses des eaux d’extinction prélevées dans la rétention révèlent une charge importante en DCO, chlorures et sulfates. Les terrains souillés font l’objet d’une dépollution appropriée pour éviter une contamination des eaux souterraines et des sols.

Les analyses effectuées suite à l’incendie révèlent que les fumées émises ne présentent pas de toxicité sur les paramètres étudiés (acide chlorhydrique, acide cyanhydrique et COV).

L’inspection propose :

  • une surveillance permanente du site

  • l’établissement d’un état des stocks avant/après incendie

  • l’évacuation des déchets issus de l’incendie

  • la vidange du réseau d’eaux pluviales

  • la surveillance hebdomadaire de la qualité des eaux souterraines.

En raison des dommages matériels importants, l’exploitant lance des opérations de démolition.

La police enquête pour déterminer l’origine du sinistre. Selon l’exploitant, un dysfonctionnement électrique au niveau du magasin de stockage des matières premières et produits finis serait à l’origine du départ de feu. Les installations électriques étaient cependant toutes à jour par rapport à leurs contrôles réglementaires. Le site ne disposait ni de dispositif de détection de fumées ni d’extinction automatique.