Pollution
Humain
Environnement
Economique

Une explosion de poussières se produit dans les installations de manutention (élévateurs et transporteurs à bande) d’un silo portuaire durant le chargement en maïs d’un navire. Cette explosion entraîne deux autres explosions plus fortes que la première, quelques secondes après :

  • une explosion dans le filtre du dépoussiéreur due aux particules incandescentes aspirées

  • une autre dans les élévateurs, y compris ceux hors services, de la tour de manutention.

L’ouverture des évents sur le circuit de dépoussiérage permet de limiter l’effet de surpression estimé entre 100 et 150 mbar au niveau du filtre. Le clapet anti-retour poussières en amont du filtre à manche du dépoussiéreur est fortement endommagé. L’axe du clapet est arraché et le clapet subit un enfoncement. Les dégâts matériels dans la tour de manutention se répartissent en fonction de l’empoussièrement des zones : déformation des élévateurs, effondrement partiel de la cloison en briques et bris de vitres de la salle de contrôle et sur d’autres installations de la tour, traces de combustion jusqu’au 9ème étage de la tour. L’opérateur présent dans la salle de commande, au 1er étage de la tour de manutention, est légèrement blessé par des bris de vitres. Les pompiers vérifient l’absence de points chauds avec des caméras thermiques et effectuent des mesures d’explosimétrie. Selon les secours, 750 t de maïs avaient été chargées dans le navire lorsque l’explosion est survenue. Aucun dommage n’est signalé sur le navire et sur la structure du silo. L’environnement et les tiers ne sont pas impactés. Le POI n’est pas activé. L’exploitant diffuse un communiqué de presse sur le site internet du secrétariat permanent pour la prévention des pollutions industrielles.

D’après l’enquête, la première explosion serait due à un empoussièrement excessif à l’intérieur des appareils de manutention et à un échauffement par frottement de particules accumulées dans les jambes d’élévateurs sans que les systèmes en place ne détectent de défaut. L’accrochage de ces particules serait dû à de la manutention de maïs humide au cours de la campagne de séchage. La concentration de poussières au niveau des élévateurs des installations de manutention a été estimée à 200 g/m³, soit 3 fois la limite inférieure d’inflammabilité du maïs. Cette concentration anormalement élevée pour une portion verticale d’élévateur, équipée d’un système d’aspiration, a permis de générer la deuxième explosion dans cette installation.

A noter que le site disposait de nombreuses mesures de prévention et de protection exposées dans le guide de l’état de l’art sur les silos et notamment des sangles anti-statiques, des contrôles de déport de bandes et contrôles de rotation sur les élévateurs. Les cellules de stockage sont découplées de la tour de manutention. Les têtes et pieds d’élévateurs disposent d’ouvertures faibles permettant d’évacuer une éventuelle surpression.