Pollution
Humain
Environnement
Economique

Lors de travaux de modernisation d’une station d’épuration intercommunale classée Seveso, un employé rapporte une grue mobile vers son parking après avoir déplacé une pompe. Le bras de l’engin, mis en position haute, heurte à 10h30 le portique supportant une tuyauterie aérienne de biogaz située à 5,9 m au dessus de la voie de circulation. Sous le choc, le portique est arraché de ses plots en béton et s’affaisse. La tuyauterie se déforme, s’arrache sur plusieurs mètres de ses supports implantés le long de la voie mais ne rompt pas. L’employé descend de l’engin et actionne à 10h32 l’arrêt d’urgence qui déclenche la vanne de coupure de la tuyauterie et l’arrêt des compresseurs de biogaz reliés à la sphère de stockage par la tuyauterie accidentée. Cet arrêt brutal provoque une légère surpression dans le ciel gazeux des digesteurs de boues produisant le biogaz et l’ouverture de leurs soupapes de sécurité. Le personnel de conduite de l’unité « boues » déclenche le torchage du biogaz produit par les digesteurs, mais 250 m³ de biogaz (soit 0,2 t, gaz composé à 60 % de méthane inflammable) sont relâchés à l’atmosphère par les soupapes pendant le temps nécessaire au déclenchement du torchage par l’atteinte du niveau haut dans le gazomètre souple vers lequel 100 % du biogaz produit est orienté. Le POI est déclenché à 10h35 et le personnel évacue la station. L’inertage de la tuyauterie accidentée est lancé à 10h50, puis les tuyauteries de biogaz en amont des compresseurs et en aval de la sphère de stockage sont consignées au moyen de vannes cadenassées et de platines. Dans l’attente des réparations, le fonctionnement de la station continue mais le biogaz produit est directement brûlé à la torche sans être valorisé. Les dommages sont estimés à 150 kEuros.

Le conducteur de la grue mobile avait levé le bras car, en position abaissée, il gênait la visibilité à droite et dans le rétroviseur, et l’avait placé en position très haute pour éviter que le moufle reste à hauteur d’homme (risque de blessure par balancement). De plus, l’indicateur de hauteur de l’engin ne donne que la hauteur du moufle et non la hauteur totale du bras, conduisant les conducteurs de l’engin à ne plus prêter attention à ce paramètre.

L’exploitant met en place les mesures correctives suivantes :

  • Mise en place de portiques pour protéger tous les passages de tuyauteries aériennes et passerelles ;
  • Un véhicule escorte systématiquement la grue mobile lors de ses déplacements bras abaissé, pour pallier son manque de visibilité ;
  • Étude du remplacement de la grue mobile par un modèle possédant une meilleure visibilité avec le bras abaissé ;
  • Sensibilisation des conducteurs à la nature de l’indication de hauteur donnée par l’engin.