Pollution
Humain
Environnement
Economique

Deux ouvriers d’une entreprise extérieure de boulonnerie procèdent à des travaux par points chauds sur une des tours aéroréfrigérantes (TAR) d’une usine classée Seveso fabriquant du carbonate et bicarbonate de soude quand le corps de l’échangeur (paking), en plastique et PVC, s’enflamme vers 8 h. L’incendie se propage en quelques secondes au bardage plastique de la tour et à sa charpente en bois, puis à un camion-grue stationné à proximité. Les ouvriers s’enfuient, n’ayant pas le temps d’utiliser l’extincteur à proximité et le grutier, qui a tout juste le temps de quitter son engin, est légèrement brûlé au cou et à la nuque. La combustion de l’huile du camion dégage une épaisse fumée noire visible de loin. Les services de secours interviennent rapidement et éteignent les foyers avec 2 lances à eau alors que 2 autres lances sont utilisées pour protéger les 6 autres TAR voisines de celle sinistrée. L’incendie est éteint à 8h30. L’exploitant déclenche le POI et monte une cellule de crise. Le grutier est pris en charge à l’infirmerie de l’usine avant d’être évacué par ambulance sur un hôpital. Les eaux d’extinction restent confinées dans les bassins de rétention des TAR. Les dommages matériels sont évalués à quelques centaines de K€: 1 TAR détruite et 1 gravement endommagée par les flux thermiques. L’usine perd 30 % de ses capacités de refroidissement, ce qui provoque des pertes de production de l’ordre de 15 % pendant plusieurs semaines.

L’enquête montre que l’incendie s’est déclaré alors que les ouvriers sous-traitants procédaient au découpage de boulons avec un chalumeau (oxydécoupage) pour faciliter les travaux de déboulonnage d’un réducteur devant être remplacé sur la TAR arrêtée la veille. Aucun permis de feu n’avait été délivré car la possibilité de travaux par points chauds n’avait pas été signalée à l’exploitant par son sous-traitant lors de la préparation des plans de prévention. De plus, l’entreprise sous traitante affirme avoir utilisé une bâche de protection ignifugée sur l’échangeur mais les expertises menées ne permettent pas de confirmer la présence d’une telle bâche.