Pollution
Humain
Environnement
Economique

Une érosion régressive est constatée sur un barrage de classe D appartenant à un particulier. L’ouvrage en remblai argileux de 300 m de long présente un effondrement de 4 m de diamètre et 3 m de profondeur au droit de la canalisation de vidange. Des blocs argileux se sont délités sur la moitié de la largeur du remblai et une fuite permanente est apparue. En raison du risque de rupture élevé qui pourrait conduire à la destruction de l’unique route d’accès à un lotissement et au lessivage des 335 m³ de boue d’une station d’épuration voisine vers un lac en aval, la préfecture prescrit le jour même par arrêté un abaissement en urgence de la cote de retenue. Une brèche, de 2,4 m de haut et de 1,3 m de large en fond, est réalisée par un tracto-pelle. La vidange partielle qui s’ensuit stoppe temporairement l’érosion.

Le 7/02, le propriétaire est mis en demeure de poursuivre la vidange jusqu’au niveau du radier de la vanne de fond après avoir fait réaliser une expertise technique par un bureau d’études agréé. Le 10/04, le service de contrôle de la sécurité hydraulique relève un niveau de crête de l’ouvrage 1,38 m au dessus de celui prévu par l’arrêté d’autorisation et une cote de retenue toujours voisine de 2,7 m. Il recommande l’aménagement d’un chenal en aval de la brèche et le drainage en pied de barrage afin de le stabiliser et de faciliter sa surveillance.

L’évènement met en lumière l’absence de consigne d’exploitation formalisée, la méconnaissance du fonctionnement hydraulique et le manque d’entretien de l’ouvrage : trous d’animaux fouisseurs, végétation arbustive en crête et sur les parements. L’érosion s’est développée dans une zone racinaire dense. Le propriétaire décide unilatéralement d’abattre les arbres enracinés dans le remblais. Cette intervention risque à terme de mettre en péril la sécurité de l’ouvrage lorsque le réseau racinaire aura pourri.