Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un navire de commerce s’échoue sur une plage vers 2h15 lors de la tempête “Joachim”. Le bateau contient à son bord 180 t de fioul et 40 t de gazole. Les secours évacuent les 19 membres d’équipage par hélicoptère. Une fuite d’hydrocarbures est détectée, le plan POLMAR est déclenché à 4h10. Un aéronef des douanes observe 2 nappes de 25,9 km de long sur 100 m de large. Des brèches sont localisées sur le cargo dont 2 au centre d’où 140 t de fioul se seraient écoulées. Les secours installent des boudins absorbants autour du navire ainsi que 4 barrages flottants dont 3 au plus proche des installations ostréicoles.

Une centaine de pompiers des départements voisins et 48 militaires viennent en aide aux 100 secouristes déjà présents. Les déchets à base d’hydrocarbures sont évacués par une société spécialisée en Seine-Maritime (700 m³ de déchets solides sont ramassés). Trois semaines après le naufrage, les opérations de découpage du bateau par une entreprise spécialisée néerlandaise sont en cours. Afin de prévenir tout risque d’incendie qui pourrait survenir lors du cisaillage de l’épave, les pompiers installent un stockage de 10 m³ d’eau.

Le navire, d’origine maltaise, a été construit en 1982 en Corée du Sud. Depuis 1999, 2/3 des 30 inspections réalisées sur le navire ont relevé des défauts de structure et des problèmes de sécurité de navigation (depuis 2000), de corrosion des ponts (2001), de défauts de maintenance du bateau et de ses équipements (2003) ou encore de problèmes de prévention des accidents (2004 et 2005). Une information judiciaire pour “pollution par hydrocarbures consécutive à une faute caractérisée de navigation ayant conduit à l’échouement du navire” est ouverte. Un fonds d’indemnisation plafonné à 2,1 millions d’euros est mis en place par l’assureur au profit des professionnels et des particuliers lésés par l’échouement du navire.

La gestion de l’événement se fait au travers de comités de suivi et de pilotage se réunissant régulièrement sous l’autorité des Préfets concernés. Des reconnaissances sur la côte et sur les rives de l’ETEL permettent d’identifier les différentes zones polluées. Une organisation est instaurée pour définir les chantiers de nettoyage avec les différents acteurs en fonction des aspects sanitaires, techniques et environnementaux.

Lors de la tempête “Joachim”, des rafales de vent ont atteint les 120 km/h, plus de 100 000 foyers ont été privés d’électricité, les trafics ferroviaire et aérien ont été perturbés.