Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un camion-citerne transportant 16 m³ de nitrate d’ammonium liquide en solution chaude concentrée (NASC à 135 °C) se couche vers 16 h dans un fossé dans un rond-point de la RD 6009. Les fuites au goutte-à-goutte apparues sur les trous d’homme et la soupape de dépression située sur le dôme de la citerne déformée sont obturées par le resserrage des boulons et la cristallisation du produit à température ambiante. Les secours coupent la circulation dans les 2 sens, évacuent 20 habitants proches et établissent un périmètre de sécurité de 500 m et un tapis de mousse pour éviter l’inflammation du gazole ayant fui du réservoir du tracteur. Informée, la préfecture active une cellule de crise.

La cellule nationale d’appui aux situations d’urgence (CASU) est consultée. Le produit transporté, s’il est confiné et en présence d’un incendie, peut détonner. Le risque peut être écarté par dilution à l’eau du produit à l’intérieur de la citerne à demi remplie, mais la position couchée de cette dernière empêche cette manoeuvre. Le transvasement sur place vers une autre citerne est également écarté en raison des difficultés de maintien du produit en température pour éviter sa cristallisation. Finalement, la citerne en charge et le tracteur sont relevés et reprennent la route sous escorte policière jusqu’au dépôt voisin de Montredon-des-Corbières (11) le 7/12 au matin. La circulation est réouverte après 12 h d’interruption. En l’absence au dépôt de flexibles de transfert permettant de réchauffer le produit ainsi que d’une autre citerne déjà chaude, et après un examen complet des dégâts (signalisation dégradée, calorifuge partiellement arraché), le transporteur décide en concertation avec le chargeur et le destinataire et après autorisation de la DREAL de finir l’acheminement vers la destination initiale (Saint-Martin-de-Crau, 13) dans la même citerne. La plaque d’attelage, susceptible d’avoir été endommagée lors du relevage, est remplacée avant le départ le 8/12 au matin. L’inertie thermique de l’attelage (perte de 3°C par jour) permet le dépotage du produit à destination sans encombre.

L’accident se serait produit lors d’un déport du poids-lourd pour éviter la collision avec un autre véhicule. Le ballant de la citerne à moitié pleine aurait déstabilisé l’ensemble routier lors du changement de trajectoire.

Le dépotage du NASC est difficile en dehors sans installation disposant de la vapeur nécessaire. Cependant, la dilution à l’eau aurait pu être mise en oeuvre au dépôt de Montredon. Elle aurait entraîné la fin de vie de la citerne par cristallisation en masse du produit.