Pollution
Humain
Environnement
Economique

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Une explosion, accompagnée d’une abondante fumée noire, se produit à 8h50 dans une usine d’engrais azotés. Une fuite enflammée d’hydrogène (H2) dans l’unité de fabrication d’ammoniac (NH3) s’est propagée au niveau du circuit sous pression transportant du gaz de synthèse (mélange d’azote N2, d’H2 et d’NH3 déjà synthétisé). Les 7 opérateurs actionnent l’arrêt d’urgence et évacuent l’unité (risque de fuite toxique) vers la zone de repli (salle de contrôle renforcée), quelques employés des unités voisines courent se réfugier dans leurs véhicules alors que d’autres assistent calmement à l’incendie consécutif. L’exploitant déclenche son POI vers 9h15, alerte les secours publics et la cellule de crise de la préfecture ; cette dernière est déjà opérationnelle, un exercice de sécurité civile étant en cours. Les pompiers mobilisent 70 hommes, 25 engins et une cellule mobile d’intervention chimique (CMIC). Ils prennent le relais des pompiers internes qui arrosent l’unité accidentée avec 3 lances pour empêcher la propagation de l’incendie. Dans la salle de contrôle, l’équipe de production purge à l’azote le circuit des gaz de synthèse afin d’éliminer l’H2 et arrête les machines de l’atelier alors qu’une explosion secondaire plus faible est perceptible. L’exploitant obture les réseaux d’eaux du site pour éviter une pollution de la SEINE par les eaux d’extinction. Faute de combustible, l’incendie s’éteint progressivement vers 9h55.

La Gendarmerie et l’inspection des IC sont sur les lieux vers 9h50. La vidange du circuit gaz de synthèse à l’atmosphère provoquant une dispersion d’NH3, des mesures de toxicités sont réalisées dans l’unité et autour du site par des capteurs fixes et mobiles. Les mesures effectuées sous le vent (10 km/h) autour du site ne révèlent pas de concentration dangereuse ; 200 ppm sont par contre mesurées à 10h07 vers la salle de machines de l’unité accidentée (seuil de toxicité de 345 ppm pour une exposition de 1 h). Des odeurs caractéristiques d’NH3 sont perceptibles hors du site. Un communiqué de presse de la préfecture signalant les odeurs, l’absence d’effets toxique et la maîtrise de l’accident est envoyé à 10h40, pendant qu’un message téléphonique automatique informe de la situation les maires des communes riveraines. Le POI est levé à 10h55. A 11h25, les concentrations d’NH3 sont nulles au niveau de l’unité accidentée qui est mise en arrêt froid. L’exploitant tient une conférence de presse avec la préfecture au profit des nombreux médias locaux et nationaux qui se sont rendus sur site ; des informations et des photos de l’accident prises par des riverains circulent sur Internet depuis 10 h. La direction du site présente ses excuses aux riverains pour la gêne occasionnée par l’accident. Les pompiers lèvent leur dispositif vers 11h50.

Le souffle de l’explosion a endommagé un mur de parpaing proche du compresseur. Le toit en tôle du local a été atteint quant à lui par les effets thermiques de l’incendie. Le compresseur est également endommagé à la suite de son arrêt brutal et de la surchauffe de ses axes privés d’huile. La fourniture d’NH3 étant vitale pour la synthèse des différents engrais azotés, le site perd durant plusieurs semaines 40 % de sa capacité de production (plusieurs millions d’Euros de perte). Cette usine fournissant une grande partie du marché français des engrais azotés nitriques, le prix de ces derniers augmentent sensiblement durant cette période. Il n’y a aucun dommage notable à l’environnement. Suite au choc émotionnel, 4 employés qui travaillaient sur ou à proximité de la zone accidentée peu avant l’explosion sont victimes de malaises en fin d’intervention et sont examinés à l’infirmerie du site.

Les premiers éléments de l’enquête montre que la rupture d’une canalisation au niveau d’un robinet (D 1″) transportant du gaz de synthèse sous 200 bars à proximité d’un compresseur de l’unité, aurait provoqué un éclatement pneumatique à l’origine de la déflagration perçue. Une autre hypothèse serait la formation d’un UVCE suite à la fuite. La fuite du gaz de synthèse, contenant de l’H2 facilement inflammable, s’est enflammée au contact de l’air et s’est propagée autour de la canalisation. Le site avait fait l’objet en juillet d’un exercice surprise déclenché par la préfecture simulant une fuite de NH3 et un accident du à l’éclatement pneumatique sur une conduite de vapeur sous pression s’était produit sur la même unité en juin 2010 (ARIA 38831).