Pollution
Humain
Environnement
Economique

À 8h50, une explosion suivie d’un incendie se déclare dans un magasin de stockage de feux d’artifice (bunker enterré dans un flanc de colline). Ces artifices de contrebande en provenance de Chine avaient été saisis par les douanes entre 2007 et 2011 car, contrairement à leur étiquetage d’artifices pour les particuliers (type 1.4G), leurs caractéristiques physiques correspondaient à des artifices pour professionnels (type 1.3G). Les artifices impliqués dans l’incident, saisis en 2010, étaient constitués de tubes individuels contenant chacun une charge de propulsion à base de poudre noire et une bombe et liés par des mèches pyrotechniques.

A 7h15, une équipe de 6 personnes commence le démontage de ces tubes d’artifices pour préparer leur destruction. Ils s’installent sur une table, sur le quai de chargement en ciment directement en face de l’entrée du stockage. Ils découpent les tubes à la main en utilisant un coupe-tuyau PVC ou un couteau et séparent les composants explosifs dans des boîtes en carton.

A 8h30, il se met à pleuvoir à verse : les travailleurs remballent rapidement leur installation de démontage et stockent les outils, les chaises, les boîtes contenant des bombes, la poudre noire, et le reste des tubes partiellement désassemblés juste à l’entrée du stockage. Le chef d’équipe sort du stockage pour passer un appel téléphonique ; quelques minutes après, l’explosion (détonation en masse) se produit, tuant les 5 employés qui étaient restés à l’intérieur et blessant légèrement le 6ème.

L’enquête menée par le bureau américain de la sécurité chimique (US CSB) souligne les principaux éléments suivants:

1 / La société, qualifiée pour la destruction de munitions non explosées telles que des grenades ou mines, ne disposait d’aucune expérience en matière d’élimination de feux d’artifice. Le procédé de destruction, qui consistait à tremper les feux d’artifice dans du diesel avant de les brûler dans des fûts sur un champ de tir à proximité, a été “inventé” et son analyse de risques était nettement insuffisante.

2 / Le personnel n’avait pas la formation, l’expérience ni la connaissance des bonnes pratiques pour la destruction de feux d’artifice en toute sécurité.

3 / L’entreprise a modifié à deux reprises le procédé, ce qui a permis l’accumulation de grandes quantités de substances explosives dans des boîtes, augmentant considérablement le risque d’explosion. Les implications sur la sécurité de ces changements successifs n’ont pas été suffisamment analysés.

4 / Un certain nombre de sources d’inflammation ont été identifiées dans le stockage : outils inadaptés pouvant provoquer des étincelles, un diable métallique et des chaises roulantes de bureau pouvant avoir généré de la friction sur des traces de poudre au sol, sacs poubelles en plastique « classiques » recevant de la poudre noire et pouvant avoir généré une décharge d’électricité statique…

Le CSB souligne également de la part de l’état une sélection insuffisante des entreprises sous-traitantes, des exigences et un contrôle insuffisants concernant la sécurité d’activités dangereuses, ainsi que des lacunes importante dans les normes réglementaires (fédérales comme des industries) relatives à l’élimination des feux d’artifice.