Pollution
Humain
Environnement
Economique

Lors d’une opération de transfert de benzène dans un complexe pétrochimique, les pompes de transfert des bacs de stockage vers les wagons se désamorcent régulièrement au cours de l’après midi, obligeant les opérateurs à procéder plusieurs fois à leur purge avant réamorçage. A 21h45, un détecteur atmosphérique de COV transmet une alarme au poste central de contrôle et une autre alarme hydrocarbure apparaît en entrée de la station de traitement final des effluents du complexe 15 min plus tard, suivi d’autres alarmes issues des capteurs atmosphérique de COV de cette station. L’exploitant effectue alors des recherches dans ses ateliers et constate que du benzène déborde en sortie d’une première fosse de séparation du réseau de collecte des effluents. Deux autres fosses de séparation reliées entre elles et à la première se révèlent aussi remplies de benzène, à proximité des aires de stockage utilisées dans l’après midi. A 23 h l’exploitant de la station de traitement final des effluents du complexe oriente vers le bassin de détournement les effluents préalablement écrémés dans les bassins de décantation. Le débordement cesse à 23h30. A 3h45, l’exploitant fait recouvrir de mousse les fosses pour limiter l’évaporation de benzène, car les détecteurs de COV du réseau de surveillance local mesurent depuis 1h15 des concentrations en benzène dépassant le seuil fixé pour l’information des communes voisines (0,325 mg/m3 à partir de deux quarts d’heure consécutifs), les mesures dépassant ponctuellement le seuil de 1 mg/m3 à 2h . Cependant, le tapis de mousse ne peut être mis en place dans la station de traitement dont les bassins disposent d’écrémeurs en mouvement. Dans la matinée du lendemain, l’exploitant commence le pompage des fosses polluées et répand du sable dans le chenal de connections pour absorber le benzène présent, qui sera ensuite récupéré et conditionné en fûts. Les fosses des séparateurs d’hydrocarbures et le bassin d’orage de la station de traitement sont également pompées, afin de récupérer 50 m³ d’eaux polluées, soit une dizaine de tonnes de benzène. Les opérations de pompage se termineront 4 jours après. Dès le premièr dépassement du seuil d’alerte en benzène dans l’air, des fax avaient été envoyés aux communes voisines, ces dernières sont prévenues de la fin de l’accident dans l’après midi du lendemain. L’exploitant diffuse un communiqué de presse le lendemain matin. Les effluents sont détournés vers les séparateurs d’hydrocarbures de la station puis stockés à partir de 23 h dans le bassin d’orage. Le bilan effectué par l’exploitant montre que le volume des effluents rejetés dans le ruisseau MERLE pendant la journée du 10/04, soit 9 289 m³ pendant 10 h, présente une concentration moyenne en benzène de 9,3 mg/l qui dépasse le seuil autorisé en sortie de station de traitement (1,5 mg/l), soit un rejet supérieur de 72 kg au seuil journalier autorisé en benzène.

L’enquête de l’exploitant montre que le volume de benzène purgé dans les pompes avait normalement rejoint la fosse de collecte reliée à une installation couverte de traitement des hydrocarbures. Cependant, 2 jours avant l’accident, la canalisation de sortie de cette fosse, vidangée au préalable, avait été condamnée pour travaux et le volume purgé ce jour là était supérieur à la capacité de la fosse, ce qui a entraîné son débordement et son arrivée dans le réseau de séparation et de traitement des effluents du site. A titre correctif, l’exploitant pose une alarme de niveau haut sur la fosse de collecte, un détecteur d’hydrocarbure dans son chenal de débordement et revoit ses procédures.