Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un feu se déclare vers 1 h dans une alvéole du bâtiment de stockage et de tri d’un centre de recyclage de piles et d’accumulateurs alcalins et salins, l’alvéole où démarre l’incendie contient 20 t de piles au lithium usagés. Le dispositif d’extinction automatique par poudre du bâtiment se déclenche, mais ne peut contenir l’incendie qui se propage, en moins de 30 s selon un opérateur, aux autres cellules stockant d’autres types de piles (plomb, mercure, nickel-cadmium) et divers sous produit (ferrailles, hydroxyde de nickel). Deux employés sur place alertés par les flammes et des crépitements donnent l’alerte. A 2h45, les pompiers sont en action avec de gros moyens : 6 lances à eaux, 3 lances canons, 60 sapeurs issus de 9 centres de secours. Équipés d’appareils respiratoires isolants (ARI), ils protègent en priorité les stockages de gaz et le bâtiment principal avec des rideaux d’eau. Des contrôles de toxicité des fumées sont mis en place dans le village voisin sous le vent (SOx, HCl et H2SO4) et 14 employés de 2 entreprises proches sont évacués puis examinés en raison des fumées toxiques émises (nuage d’acide sulfurique et hydroxyde de lithium). Le bâtiment de 1 000 m² est détruit et des projections de piles sont observées dans le bâtiment en feu et jusqu’à 200 m du lieu du sinistre. L’incendie est maîtrisé après 4 h d’intervention. Il n’y a pas de victime mais les dommages matériels sont importants. Le bassin de confinement du site recueille 2 000 m3 d’eaux d’extinction, mais en cours d’intervention, les pompiers ferment les vannes d’isolement de ce dernier restées ouvertes en raison de travaux programmés. Une pollution potentielle du cours d’eau voisin (le SPIN) et de la station d’épuration urbaine de DIEUZE est suspectée, bien que les premières analyses faites lors du sinistre ne montrent pas d’impact significatif. L’inspection demande à l’exploitant de mettre en place une surveillance du milieu (air, eaux de surface, sol) et constate que les dispositions relatives au confinement des eaux d’extinction et à la disposition des stockages n’ont pas été respectées. L’impact de l’incendie ne se révélera pas significatif au regard du passé industriel du site. Le scénario d’effets missiles dus à l’incendie du stockage de pile au lithium n’est pas envisagé dans l’étude de dangers remise par l’exploitant en 2006. Les eaux d’extinction sont pompées et éliminées comme déchets dangereux (présence de métaux lourds, phénols et PCB) 4 jours après l’accident, les produits solides calcinés valorisables (piles) sont traités sur site par hydrométallurgie et les débris non valorisables sont éliminés dans un centre agréé.