Pollution
Humain
Environnement
Economique

Sur un site chimique, les opérateurs observent vers 8h50 un jet enflammé de courte durée sur la tuyauterie d’alimentation en air du réacteur de postcombustion de l’atelier ammoniac (NH3) en cours de redémarrage. Les installations sont mises en sécurité et l’atelier s’arrête vers 19 h, la purge des tuyauteries et des capacités à la vapeur générant un bruit significatif.

Cet atelier de synthèse comprend plusieurs sous-unités ; l’unité de reformage secondaire (postcombustion) dispose d’un réacteur achevant le craquage du méthane. Lors du démarrage de la section de postcombustion, du gaz inflammable sous pression contenant du méthane issu de l’unité de reformage primaire entre en contact avec de l’air chaud (~ 500°C) au niveau de la tuyauterie d’alimentation en air du réacteur de postcombustion. Les conditions d’auto-inflammation du mélange air / gaz étant atteintes, le mélange s’est enflammé en entraînant une explosion dans la tuyauterie. Celle-ci est déformée sur 1 m de long et une brèche de 80 mm de diamètre est crée en partie inférieure au niveau d’une soudure circulaire. La décompression du système et l’inflammation du mélange air / gaz sont à l’origine du jet enflammé observé par les opérateurs.

L’exploitant pense redémarrer ses installations après remplacement de la tuyauterie endommagée, ainsi que vérification et changement éventuel du clapet anti-retour dont elle est équipée.

Lors de l’examen du manuel de démarrage “OPERGUID” des installations prévu pour assurer la maîtrise des procédés et l’exploitation des installations dans des conditions de sécurité optimales, l’inspection des installations classées constate que sur plusieurs centaines d’opérations ou vérifications prévues dans la “check-list”, 3 d’entre elles n’étaient pas renseignées et que plusieurs dizaines d’autres avaient fait l’objet de modifications manuscrites. D’autre part, le document de vérification des états stables complétant ce manuel n’a été formellement validé que par le seul contremaître d’exploitation.

Les éléments présentés par l’exploitant à l’inspection des IC révèlent ainsi une mise en oeuvre incorrecte de la phase de démarrage de l’atelier initié le 5 avril, ainsi que l’insuffisance des dispositions prises pour remédier aux cas de non-respect des consignes et constatés en particulier par les audits internes réalisés pour s’assurer du respect des procédures élaborées dans le cadre du système de gestion de la sécurité (SGS). L’inspection des IC constate les faits et un arrêté de mise en demeure est signé par le préfet le 30/04/2010. Les procédures de démarrage des installations de fabrication d’NH3 sont révisées, puis l’atelier redémarre fin mai 2010 sous contrôle renforcé de l’encadrement d’exploitation.