Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans un atelier de transformation de cartouches (déconstruction), une explosion se produit vers 10h lors du désamorçage d’obus de 20 mm pour les transformer en obus d’exercice. Les amorces contiennent de l’azoture de plomb ; de l’azoture de cuivre instable se serait formé lors de l’opération. Pendant l’égalisation des amorces dans un bain de gomme de laque, la friction d’une amorce sensible aurait déclenché l’explosion. 1 employé est tué et 3 autres sont légèrement blessés ; le bâtiment est endommagé.
Les constatations effectuées après l’accident montrent que le mode opératoire fixé par la consigne de poste n’était pas respecté. L’opérateur, pourtant expérimenté, vidait d’un coup le contenu de sa caissette, au lieu de transvaser au fur et à mesure et à l’aide d’une pince en bois, les portes amorces par lots de 30 dans la gomme laque.
La chute d’amorces n’ayant jamais provoqué d’explosion sur le site, un sentiment de faible danger a du s’instaurer ; le chef d’équipe, ancien dans l’établissement, n’a jamais vu pratiquer les opérations telles que décrites dans le mode opératoire. D’ailleurs, la pince en bois, probablement jugée inutile depuis longtemps par les opérateurs, n’existait même pas dans l’atelier…
Les experts soulignent que le vernis à la gomme laque ne rend pas les amorces insensibles à la détonation ; l’initiation d’une amorce peut provoquer leur détonation en masse, d’où la nécessité de protéger le personnel des effets d’une explosion éventuelle (à étudier dans une EST). L’accident soulève également le besoin d’un rappel régulier des risques et des consignes pour les opérateurs, ainsi qu’une révision périodique des modes opératoires et consignes, en prenant en compte l’avis des opérateurs.