Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine agroalimentaire de préparations à base de viande où travaillent 300 de ses 900 salariés, une explosion à 11h25 provoque un incendie et la chute de 100 m² de toiture ; 4 employés sont tués, 67 personnes sont blessées dont 4 grièvement brûlées. Une partie du bâtiment s’effondre et les voitures garées à proximité sont écrasées par des pans de mur en béton pesant plusieurs tonnes ; 9 300 m² de bâtiments seront finalement endommagés. Les secours établissent un périmètre de sécurité, éteignent l’incendie, déblaient les lieux et recherchent des personnes disparues. Ils détectent une fuite d’ammoniac (NH3) causée par effet domino sur les installations de réfrigération ; près de 8,2 t d’NH3 relâchées contaminent gravement une rivière et la végétation sur plusieurs kilomètres. Trois pompiers exposés au rejet toxique lors de l’intervention sont hospitalisés. Les dommages s’élèvent à plusieurs centaines de milliers de dollars.

Une chaudière industrielle au gaz naturel était en cours d’installation dans le local des utilités implanté dans un bâtiment de production. Pour approvisionner la chaudière, une canalisation a été installée 5 jours auparavant entre la conduite principale de gaz naturel située sur le toit et la chaufferie. La mise en service de la canalisation et de la chaudière comprenait la purge de la canalisation avec du gaz naturel pour la vider de l’air qu’elle contenait. Selon les pratiques courantes de l’entreprise et de la profession, le sous-traitant a enlevé des raccords filetés de la canalisation pour y créer des ouvertures et la purger dans la chaufferie. Il utilisait une vanne quart de tour pour contrôler la purge du gaz en se fiant uniquement à l’apparition d’une odeur de gaz. Le salle des utilités dispose d’un ventilateur aspirant, mais l’adéquation de la ventilation et de la quantité de gaz relâché n’a pas été vérifiée. Ayant des difficultés à démarrer la chaudière, le personnel pensait que la canalisation de gaz contenait encore de l’air et l’opération de purge a été répétée durant plus de 2h30. Une atmosphère explosive s’est alors accumulée dans la salle et a été enflammée par l’une des nombreuses sources d’inflammation présentes dans où à proximité du local : équipements électriques…

Aucun détecteur de gaz n’avait été installé, certains employés ont senti l’odeur de gaz en dehors de la salle des utilités, mais ils ne se sont pas inquiétés en pensant qu’il s’agissait d’une situation normale au démarrage de la chaudière. Par ailleurs de nombreux employés non impliqués dans cette phase de démarrage n’étaient pas avertis et n’avaient pas eu de consigne pour quitter le bâtiment pendant la purge : plus de 200 personnes étaient ainsi dans les locaux lors de l’explosion.

A la suite de cet accident, l’exploitant modifie les procédures pour la purge de la canalisation de gaz : les gaz purgés devront dorénavant être évacués à l’extérieur par un conduit dans un lieu sans source d’ignition et non fréquenté par le personnel, des détecteurs mesurent en continu la concentration en gaz combustible et toutes les personnes non indispensables pour les opérations sont évacuées. L’exploitant transfère ses productions dans d’autres usines et fermera le site quelques mois plus tard.