Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans un établissement de transformation / conservation de légumes, une fuite de 50 kg d’ammoniac (NH3) de réfrigération a lieu vers 16 h lors de la maintenance d’une installation de surgélation.

L’exploitant a constaté la semaine précédente un dysfonctionnement lors de la phase de dégivrage d’un tunnel de surgélation avec des températures enregistrées supérieures de 2 °C aux valeurs de consigne, entraînant une perte d’énergie jugée anormale. Des vannes verticales (GPX) en aval de chacune des 6 batteries du tunnel sont suspectes. Leur remplacement est décidé après constat de leur ouverture et avis du concepteur de l’unité.

Un sous-traitant effectue l’intervention le 2/06. Selon l’exploitant, la procédure d’isolement du tunnel est appliquée : fermeture de 2 vannes de sectionnement (NH3 liquide / « Gaz chaud »), purge de l’NH3 emprisonné entre elles via la bouteille basse pression (BP). Les vannes GPX sont ensuite remplacées ; au remontage de l’une d’elle, un boulon tombe dans la canalisation.

L’opérateur demande l’autorisation de démonter la vanne d’isolement « gaz chaud » pour récupérer le boulon tombé à proximité. L’NH3 gazeux fuit au démontage de la vanne qui est expulsée ; détections et alarmes se déclenchent.

Incommodés, les 4 techniciens expérimentés chargés des travaux sont lavés par les agents de sécurité et hospitalisés par précaution. L’implantation des installations sous le bâtiment et une issue unique ont compliqué leur évacuation. Sur place en 10 min, les secours rassemblent la trentaine d’employés au point prévu et 25 personnes se confinent sur un site voisin. Deux techniciens sous ARI remontent la vanne d’isolement, puis les locaux sont ventilés. L’intervention s’achève vers 22 h.

Le rejet d’NH3 est dû à une légère surpression dans la bouteille BP (0,3 bar) après arrêt des chambres froides depuis 4 à 5 h et hausse des température / pression de l’installation. En temps normal, la dépression aurait permis de contenir l’NH3 dans la bouteille dans un 1er temps ; la bouteille aurait pu atteindre à contrario 2 bar de pression selon l’exploitant si les chambres froides avaient été arrêtées plus longtemps (4 jours pour la tempête Klauss…), avec la formation éventuelle d’un nuage toxique et des conséquences plus lourdes sur les employés et l’environnement.

La municipalité est informée, l’inspection des IC effectue une enquête et la préfecture publie un communiqué de presse.

Des mesures correctives sont prises : agencement d’installation revu, sorties de secours, équipements minimaux obligatoires (lunettes & gants) pour les intervenants sur conduites d’NH3, procédures d’isolement selon l’avis de 2 techniciens au lieu d’un, vanne d’isolement retour gaz en plus sur le tunnel 2 pour l’isoler plus facilement (déjà le cas pour le tunnel 1), revalidation de l’installation par un organisme tiers, révision des procédures, utilisation de certaines vannes de service (manomètres) pour vérifier l’absence de gaz à côté des travaux à effectuer…