Pollution
Humain
Environnement
Economique

Une fuite évaluée à 3 900 kg d’ammoniac (NH3) se produit dans un bac à eau glacée de 200 m³ utilisé pour la réfrigération de l’atelier laiterie d’une importante coopérative laitière. L’installation soumise à autorisation met en oeuvre 12,3 t d’NH3. La quantité d’NH3 gazeux émise à l’atmosphère est inconnue. La fuite résulte de la corrosion et du percement de l’une des herses assurant le refroidissement de l’eau du bac. Détectée le 16/10 lors d’un contrôle de la teneur en NH3 dans le bac à eau glacée, elle a ensuite été aggravée par une intervention humaine le 24/10 visant à accélérer la vidange des herses. Le mélange eau/NH3 (concentration de 17 g/l d’NH3) en circulation dans tout l’atelier laiterie entraîne des émanations odorantes dans les locaux de travail, mais aucun rejet dans le milieu aquatique naturel n’est signalé.

Selon l’exploitant et 2 sociétés extérieures spécialisées dans les phénomènes de corrosion et les installations de réfrigération à l’NH3, l’évènement a pour causes principales :

  • Une défaillance matérielle : herses constituées d’acier à faible taux de carbone ;
  • Des défaillances organisationnelles : défaut de surveillance de l’état de corrosion des herses, procédure inadaptée d’injection de l’inhibiteur de corrosion (manuelle durant les premières années d’utilisation du bac à eau glacée mis en service en 1998, niveau d’eau variable et/ou moussage superficiel accélérant la corrosion des herses superficielles implantées près du point d’injection manuelle ;
  • Une défaillance humaine : aggravation de la fuite liée à la mise en oeuvre d’opérations pour accélérer la vidange des herses.

Des mesures de surveillance compensatoires sont mises en place pour suivre les concentrations en NH3 dans l’air des locaux de production et dans l’eau du bac. Le contenu du bac est neutralisé à l’acide sulfurique du 07 au 15/11, puis orienté sur un ouvrage de stockage interne au site pour être traité à raison de quelques m³/jour dans la station d’épuration interne à l’établissement. Le coût des dommages matériels et pertes d’exploitation n’est pas connu : études, remplacement du matériel défectueux, arrêt technique d’exploitation…

L’inspection des IC prévenue tardivement constate les faits. Un arrêté de mesures d’urgence fixe des prescriptions relatives à la manipulation des eaux ammoniaquées résiduelles et aux modalités de contrôle de son traitement dans la station d’épuration du site, à la vérification des installations (contrôle de la corrosion des herses et de l’ensemble des installations de réfrigération).

Les herses sont expertisées et progressivement remplacées par des plaques en inox courant 2009.