Pollution
Humain
Environnement
Economique

Une fuite de sulfure d’hydrogène (H2S) est détectée vers 16 h au niveau d’une passerelle quadricâbles par un employé sur une canalisation de transport (DN 50, pression 5 bar) dans une usine chimique. Dés réception de l’alerte, l’exploitant décomprime la canalisation, actionne les vannes de sectionnement automatiques et prévient les services de secours. Toutefois, le plan de surveillance et d’intervention (PSI) afférant à l’ouvrage n’est pas déclenché.

Une fois sur place, les pompiers mettent en oeuvre une lance incendie afin d’abattre les vapeurs de sulfure d’hydrogène, établissent un périmètre de sécurité et effectuent ensuite des mesures de concentration. Les concentrations mesurées ont été de 300 ppm au droit de la fuite, et de 50 ppm à 20m. Le service inspection du site chimique (SIR) se rend sur les lieux vers 16h30. L’isolement du tronçon incriminé est réalisé par la pose de platines et vers 18h30, un collier est posé pour colmater la canalisation. Un inertage à l’azote de l’ouvrage est réalisé vers 19 h. Le transporteur prévoit de soumettre un dossier de réparation à l’inspection des installations classées. A la suite de cet évènement, l’exploitant réalise un communiqué de presse d’information à chaud.

Aucune victime, ni incidence sur l’environnement ne sont à déplorer. Une corrosion externe par aération différentielle consécutive à la stagnation d’eau pluviale serait à l’origine de l’évènement. La zone de corrosion se situe à près de 20 cm après la sortie de terre de la canalisation, sur la génératrice inférieure, à la limite de l’arrêt du revêtement en brai de houille qui assure la protection passive de la canalisation dans sa partie enterrée.

A la suite d’une enquête menée par l’inspection des IC, il apparaît que l’usage d’un traitement anti-oxydant général de la canalisation avait été signalé à l’exploitant ainsi qu’un défaut de protection cathodique. Il est également noté des erreurs d’interprétation dans les clichés vis à vis de la société qui est intervenue pour réaliser un contrôle CND par radiographie . Enfin, la chute de pression dans la canalisation n’a pas déclenché les alarmes de sécurité tel que prévu dans l’étude de sécurité du site. L’inspection conclut ainsi que les moyens de détection se sont montrés inopérants compte tenu du faible débit de la fuite et que l’alerte a reposé uniquement sur la présence fortuite d’une personne.

En outre, le lieu de l’incident n’avait pas jusqu’alors été identifié par l’exploitant comme point singulier, et ne faisait donc pas l’objet d’actions de surveillance spécifiques (risques liés aux sorties de terre en zone inondable).